Origine et histoire du Théâtre
Le théâtre de Jublains, situé dans l’actuelle commune de Jublains (Mayenne, Pays de la Loire), fut construit entre 81 et 83 sous le règne de l’empereur Domitien. Offert à la cité par un riche commerçant nommé Orgétorix, il illustre l’évergétisme d’une élite gauloise en voie d’assimilation culturelle romaine. Son architecture, initialement de plan presque circulaire, fut agrandie au IIe siècle sous Hadrien pour adopter un demi-cercle plus classique, sans jamais accueillir de combats de fauves.
Le monument, identifié au XIXe siècle et fouillé à plusieurs reprises (1843, 1865, 1926-1928), ne fut entièrement dégagé qu’à partir des années 1980. Utilisant une pente naturelle, ses gradins en bois et ses structures en pierre reflètent les techniques de construction gallo-romaines. Des fragments de décors, comme le « pilier aux masques » retrouvé en réemploi dans le castellum voisin, suggèrent une ornementation théâtrale, bien que peu d’éléments subsistent.
Intégré à la vie culturelle contemporaine, le théâtre accueille aujourd’hui des concerts, pièces de théâtre et projections cinématographiques, perpétuant sa vocation initiale. Son état de conservation remarquable, couplé à celui des autres vestiges de Noviodunum (forum, thermes, castellum), en fait un site archéologique majeur de l’Ouest de la France, classé Monument historique depuis 1917.
La cité de Noviodunum, dont le théâtre est un élément central, fut fondée sous Auguste comme capitale des Diablintes, un peuple celte romanisé. Son déclin débuta au IIIe siècle, avec la perte de son statut politique au profit du Mans. Le théâtre, comme d’autres monuments, fut partiellement réoccupé à l’époque mérovingienne, avant d’être redécouvert par les archéologues modernes.
Les fouilles du XIXe et XXe siècles, menées par des figures comme Augustin Magdelaine ou Henri Barbe, ont permis de restituer son histoire. Les recherches récentes (années 1980-1990) ont confirmé son rôle dans la romanisation locale, ainsi que son abandon progressif à partir du IVe siècle, lié au déclin stratégique de la cité.