Origine et histoire du Théâtre
Le théâtre de Montbéliard est un édifice emblématique de la ville, construit au 3e quart du XIXe siècle dans le style théâtre à l'italienne. Il est situé à l’arrière de l’hôtel de ville, sur un terrain cédé à cet usage. Son architecture, signée Auguste Goguel et supervisée par Théodore Flamand, intègre un parterre et deux balcons, avec une capacité de 400 places. Les décors intérieurs, notamment les peintures, sont l’œuvre de Charles-Antoine Cambon et Joseph François Désiré Thierry. Le projet initial (1853) fut financé par une donation de Charles Henri Berchem et une souscription publique, avant d’être achevé en 1857 pour un coût total de 57 015 francs.
Avant 1793, Montbéliard, alors comté indépendant, ne possédait pas de théâtre fixe. Au début du XIXe siècle, des troupes ambulantes animent des représentations dans des salles adaptées (château, Halles). En 1853, le maire Charles Samuel Sahler lance officiellement le projet après une donation, malgré un premier rejet faute d’étude technique. Les plans, établis par l’architecte municipal Frédéric Morel-Macler et complétés par Goguel, aboutissent à une inauguration en 1859. Le théâtre devient rapidement un lieu polyvalent : spectacles, bals, concerts et réunions publiques.
Au XXe siècle, le théâtre accueille des événements marquants, comme la conférence du général de Lattre de Tassigny en 1945, détaillant la Libération de Montbéliard. Classé partiellement aux monuments historiques en 1992 (vestibule, salle et décors), il est aujourd’hui géré par MA scène nationale, l’une des 70 scènes nationales françaises. Après une rénovation en 1968, il propose une programmation variée, du jeune public aux grandes formes théâtrales.
Le bâtiment illustre l’engouement du XIXe siècle pour les théâtres municipaux, symboles de modernité et de vie culturelle. Son architecture à l’italienne, typique de l’époque, vise à démocratiser l’accès aux arts tout en affirmant le prestige de la ville. Les peintures de Cambon et Thierry, ainsi que la structure en balcons, reflètent les codes esthétiques et sociaux de la bourgeoisie montbéliardaise, alors en plein essor industriel.