Frise chronologique
2 mai 1869
Inauguration
Inauguration
2 mai 1869 (≈ 1869)
Ouverture sous le nom *Folies Bergère* par Louis Montrouge.
1871
Transformation par Léon Sari
Transformation par Léon Sari
1871 (≈ 1871)
Ajout d’un jardin d’hiver et espace promenoir.
1886
Invention de la revue
Invention de la revue
1886 (≈ 1886)
Édouard Marchand lance les grands spectacles.
1912
Première nue intégrale
Première nue intégrale
1912 (≈ 1912)
Scène marquante dans l’histoire du cabaret.
1926
Rénovation Art déco
Rénovation Art déco
1926 (≈ 1926)
Façade et bas-relief de Maurice Pico.
7 novembre 1990
Classement monument historique
Classement monument historique
7 novembre 1990 (≈ 1990)
Protection de la façade, salle et promenoir.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade sur rue ; salle et promenoir (cad. 09 : 03 AX 135) : inscription par arrêté du 7 novembre 1990
Personnages clés
| Louis Montrouge - Fondateur |
Initiateur du théâtre en 1869. |
| Léon Sari - Transformateur |
Crée le jardin d’hiver en 1871. |
| Édouard Marchand - Directeur innovant |
Lance les revues en 1886. |
| Loïe Fuller - Danseuse américaine |
Figure des spectacles fin XIXe. |
| Paul Derval - Directeur (1918-1966) |
Modernise le cabaret et collabore avec Joséphine Baker. |
| Hélène Martini - Directrice et ancienne artiste |
Dirige à partir de 1974 après une carrière de mannequin. |
Origine et histoire
Le théâtre des Folies Bergère, situé 32 rue Richer dans le 9e arrondissement de Paris, est inauguré le 2 mai 1869 sous l’impulsion de Louis Montrouge. À l’origine un grand magasin de literie transformé en salle de spectacle, il adopte d’abord le nom de Folies Trévise avant de devenir les Folies Bergère, en référence aux folies (maisons de divertissement du XVIIIe siècle) et à la rue Bergère voisine. Conçu comme un café-spectacle, il permet au public de boire et fumer pendant les représentations, mêlant opérettes, ballets et chansons. La salle, d’une capacité de 1 200 places, est critiquée pour son acoustique mais saluée pour son élégance et ses aménagements scéniques modernes, comme en témoigne la Revue et gazette musicale de Paris en mai 1869.
En 1871, Léon Sari métamorphose l’établissement en y ajoutant un jardin d’hiver, espace typique des music-halls où les spectateurs circulent librement. La façade est refaite en 1905 dans un style Art nouveau par Niermans, puis entièrement rénovée en 1926 par Maurice Pico, qui lui donne son aspect Art déco actuel, marqué par un bas-relief doré représentant la danseuse Lila Nikolska. Sous la direction d’Édouard Marchand (à partir de 1886), le théâtre invente la revue de music-hall à grand spectacle et engage des figures comme la danseuse américaine Loïe Fuller. En 1912, il franchit un cap audacieux avec la première apparition d’une femme entièrement dénudée sur scène.
De 1918 à 1966, Paul Derval dirige les Folies Bergère et en fait un temple du cabaret, restructurant la salle en 1928 et fermant la libre circulation avec le promenoir. Il collabore avec des artistes comme Joséphine Baker, revenue de New York en 1936 pour la revue En Super Folies, et met en avant des éléments visuels marquants, comme les costumes à plumes. En 1974, Hélène Martini, ancienne mannequin nu des Folies et rescapée des camps de concentration, prend la direction après Antonia Derval. Le théâtre change de mains en 2011 (racheté par Lagardère) et en 2020 (mise en vente avortée), tout en restant un symbole culturel, comme en témoigne l’hommage à Charlie Hebdo en 2018.
L’architecture des Folies Bergère reflète son évolution : d’abord conçu par Plumeret dans un style éclectique de la fin du Second Empire, le bâtiment est transformé en un édifice Art déco, classé monument historique depuis 1990 pour sa façade, sa salle et son promenoir. Le lieu inspire aussi la littérature (Bel-Ami de Maupassant, Nana de Zola), la peinture (Un bar aux Folies Bergère de Manet) et le cinéma, tout en accueillant des personnalités comme Carmen Tórtola Valencia ou Jacqueline Schalley, élue plus belle femme de France en 1926. Son héritage perdure à travers des revues mythiques (Folies sur Folies en 1922, J’aime à la Folie en 1975) et son rôle dans l’imaginaire collectif parisien.
Les Folies Bergère incarnent l’audace et la modernité des spectacles parisiens, passant du café-concert au music-hall, puis au cabaret. Leur histoire croisée avec des événements sociaux (libération du corps féminin, guerres mondiales) et artistiques (avant-gardes, stars internationales) en fait un miroir des transformations culturelles de la France, du XIXe siècle à aujourd’hui. Le lieu, toujours actif, reste associé à l’esprit festif et subversif de Montmartre et des nuits parisiennes.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Période d'ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site officiel ci-dessus.