Frise chronologique
1777
Inauguration du théâtre de Versailles
Inauguration du théâtre de Versailles
1777 (≈ 1777)
Mlle Montansier ouvre son premier théâtre.
1790
Installation à Paris
Installation à Paris
1790 (≈ 1790)
Reprise du théâtre des Beaujolais.
24 juin 1807
Inauguration du théâtre actuel
Inauguration du théâtre actuel
24 juin 1807 (≈ 1807)
Première représentation avec *Le Panorama de Momus*.
1864
Création de *La Belle Hélène*
Création de *La Belle Hélène*
1864 (≈ 1864)
Succès d'Offenbach redéfinissant le théâtre.
1870
Transformation en ambulance
Transformation en ambulance
1870 (≈ 1870)
Soins aux blessés pendant le siège.
20 juin 1907
Projection du premier long métrage européen
Projection du premier long métrage européen
20 juin 1907 (≈ 1907)
*L’Enfant prodigue* de Michel Carré.
1974
Classement monument historique
Classement monument historique
1974 (≈ 1974)
Façade et vestibule protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade et vestibule : classement par décret du 30 septembre 1974 ; Salle : inscription par arrêté du 30 septembre 1974
Personnages clés
| Marguerite Brunet (Mlle Montansier) - Fondatrice du théâtre |
Propriétaire et directrice, protégée par Napoléon. |
| Jacques Offenbach - Compositeur emblématique |
A créé *La Belle Hélène* et d'autres opérettes. |
| Jacques Cellerier et Jean-Antoine Alavoine - Architectes du théâtre |
Concepteurs de l'édifice inauguré en 1807. |
| Michel Carré - Cinéaste pionnier |
A projeté *L’Enfant prodigue* en 1907. |
| Émile Zola - Écrivain |
Mentionne le théâtre dans *Nana* (1880). |
| Dr Bonnière - Médecin pendant le siège |
Dirige l'ambulance en 1870. |
Origine et histoire
Le théâtre des Variétés trouve ses origines dans l’initiative de Marguerite Brunet, dite Mlle Montansier, déjà propriétaire d’un théâtre à Versailles depuis 1777. Profitant des bouleversements de la Révolution française, elle s’installe à Paris en 1790 et reprend le théâtre des Beaujolais sous les arcades du Palais-Royal, qu’elle rebaptise « Variété-Montansier ». Malgré son succès, elle est emprisonnée pour dettes en 1803, et son théâtre est fermé en 1807 sous la pression de la Comédie-Française voisine. Grâce à l’intervention de Napoléon Ier, elle obtient à 77 ans le soutien impérial pour construire un nouveau théâtre.
Le nouvel édifice, conçu par les architectes Jacques Cellerier et Jean-Antoine Alavoine, est érigé sur les boulevards, dans l’ancien jardin de l’hôtel de Montmorency-Luxembourg, près du passage des Panoramas. Inauguré le 24 juin 1807 avec Le Panorama de Momus, un vaudeville de Désaugiers, il devient rapidement un lieu emblématique de la vie culturelle parisienne. La façade et le vestibule, seuls vestiges de l’édifice originel, sont classés monuments historiques en 1974, tandis que la salle est inscrite la même année.
Au XIXe siècle, le théâtre des Variétés s’impose comme un haut lieu de l’opéra-bouffe, notamment grâce à Jacques Offenbach, qui y crée La Belle Hélène en 1864, suivi d’autres succès comme Barbe-Bleue (1866) ou La Grande-duchesse de Gérolstein (1867). Ces œuvres, écrites en collaboration avec Meilhac et Halévy, redéfinissent l’identité du théâtre. Pendant le siège de Paris en 1870, l’établissement est transformé en « ambulance » sous la direction du Dr Bonnière, qui y soigne les blessés avec des méthodes innovantes.
Le XXe siècle marque un tournant avec la projection en 1907 du premier long métrage européen, L’Enfant prodigue de Michel Carré, adapté de sa pièce éponyme. Le théâtre accueille également des créations majeures comme Topaze de Marcel Pagnol (1928) ou César (1946), et participe en 2010 à la fondation des Théâtres parisiens associés, une alliance de 50 salles privées. Son rôle dans la culture populaire est immortalisé par Émile Zola dans Nana (1880), où il sert de cadre à l’ascension du personnage principal.
Architecturalement, le théâtre conserve des éléments originels malgré des transformations, comme l’agrandissement de 1833 (ajout de loges et d’un jardin) ou la rénovation de 1886 (plafond refait, décors repeints). La scène, restée dans sa disposition d’origine, et la salle ornée de blanc et d’or témoignent de son prestige passé. Aujourd’hui propriété d’une société privée, il reste un symbole du patrimoine théâtral parisien, mêlant histoire, innovation et tradition.