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Théâtre du Gymnase Marie-Bell - Paris 10ème

Patrimoine classé Théâtre

Théâtre du Gymnase Marie-Bell - Paris 10ème

    38 Boulevard de Bonne-Nouvelle
    75010 Paris
Théâtre du Gymnase Marie-Bell - Paris 10ème
Théâtre du Gymnase Marie-Bell - Paris 10ème
Théâtre du Gymnase Marie-Bell - Paris 10ème
Théâtre du Gymnase Marie-Bell - Paris 10ème

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
23 octobre 1820
Inauguration du Gymnase-Dramatique
1823
Introduction de l’éclairage au gaz
1844
Direction d’Adolphe Lemoine (Montigny)
1860
Création du *Voyage de M. Perrichon*
1960
Mise en scène du *Balcon* de Genet
1ᵉʳ février 1994
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

M. Lugan de La Rozerie - Fondateur Créa le Gymnase en 1820.
Delestre-Poirson - Directeur et modernisateur Introduisit l’éclairage au gaz en 1823.
Adolphe Lemoine (Montigny) - Directeur (1844-1880) Orienta vers le drame sentimental.
Marie Bell - Directrice (1962-1985) Tragédienne, interpréta *Phèdre*.
Henry Bernstein - Directeur (1926-1940) Y créa ses œuvres majeures.
Jean Genet - Auteur *Le Balcon* créé en 1960.

Origine et histoire

Le théâtre du Gymnase Marie-Bell fut fondé en 1820 par M. Lugan de La Rozerie, qui souhaitait offrir un lieu d’entraînement aux jeunes comédiens parisiens. Le nom « Gymnase » évoquait un espace d’exercices artistiques, où les pièces du répertoire classique (Comédie-Française, Opéra) étaient adaptées en versions courtes. Le théâtre fut construit sur l’emplacement des jardins de l’hôtel du baron Louis et d’une partie de l’ancien cimetière de Bonne-Nouvelle, avec une inauguration le 23 octobre 1820 incluant des œuvres d’Eugène Scribe. Les architectes Rougevin et de Guerchy en signèrent les plans, sous des contraintes strictes : réduire les pièces en un acte ou une scène.

Dès 1823, Delestre-Poirson modernisa le théâtre avec un éclairage au gaz et obtint le titre de Théâtre de Madame grâce à la protection de la duchesse de Berry. Le répertoire évolua vers des comédies-bouffes (Favart, Grétry) et des contrats exclusifs avec des auteurs comme Eugène Scribe. Fermé en 1830 pour rénovation après les Trois Glorieuses, il rouvrit sous son nom d’origine. En 1844, Adolphe Lemoine (dit Montigny) en prit la direction et y imposa un genre sentimental, attirant des dramaturges tels que Balzac, George Sand ou Dumas père et fils. Des œuvres majeures comme Le Voyage de Monsieur Perrichon (Labiche, 1860) ou Frou-Frou (Meilhac et Halévy, 1869) y furent créées.

Le théâtre connut plusieurs transformations architecturales, notamment en 1880 sous Victor Koning, avec une redécoration par les peintres Rubé, Chaperon, Compan et Plumet. Au XXe siècle, des figures comme Henry Bernstein (1926-1940), Paule Rolle (1940-1962) et Marie Bell (1962-1985) marquèrent sa direction. Marie Bell, tragédienne célèbre, y interpréta une Phèdre mémorable. Le Gymnase devint aussi un lieu de création pour Cocteau, Pagnol ou Genet (Le Balcon, 1960). Classé monument historique en 1994, il reste actif aujourd’hui, partenaire des Théâtres parisiens associés depuis 2010.

Le théâtre comprend trois salles : la grande salle (800 places), le studio Marie-Bell (90 places) et le Petit-Gymnase (160 places). Son histoire reflète les évolutions du goût parisien, du drame moral au vaudeville, en passant par des œuvres engagées ou avant-gardistes. En 2023, il accueillit les Bobards d’Or, un événement controversé organisé par la fondation Polemia, soulignant son rôle toujours actuel dans les débats culturels.

Situé au 38 boulevard de Bonne-Nouvelle, le Gymnase est desservi par la station de métro éponyme. Son architecture et son répertoire en font un témoin clé de la vie théâtrale parisienne depuis deux siècles, mêlant patrimoine historique et création contemporaine.

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