Frise chronologique
1820
Fondation et inauguration
Fondation et inauguration
1820 (≈ 1820)
Création par Lugan de La Rozerie, inauguration le 23 octobre.
1823
Modernisation technique
Modernisation technique
1823 (≈ 1823)
Introduction de l’éclairage au gaz par Poirson.
1844
Changement de direction artistique
Changement de direction artistique
1844 (≈ 1844)
Montigny oriente vers le répertoire sentimental.
1880
Rénovation majeure
Rénovation majeure
1880 (≈ 1880)
Transformation par l’architecte de Lalande sous Koning.
1962-1985
Direction de Marie Bell
Direction de Marie Bell
1962-1985 (≈ 1974)
Période marquante avec des créations de Genet.
1er février 1994
Classement monument historique
Classement monument historique
1er février 1994 (≈ 1994)
Inscription en totalité du bâtiment et de sa salle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le théâtre en totalité (cad. AV 56) : inscription par arrêté du 1er février 1994
Personnages clés
| M. Lugan de La Rozerie - Fondateur |
Créa le théâtre en 1820 pour les jeunes comédiens. |
| Delestre-Poirson - Directeur et innovateur |
Introduisit l’éclairage au gaz et élargit le répertoire. |
| Adolphe Lemoine (Montigny) - Directeur (1844-1880) |
Orienta vers le drame sentimental et attira Balzac. |
| Eugène Scribe - Auteur phare |
Signa un contrat exclusif et écrivit le prologue d’inauguration. |
| Marie Bell - Directrice (1962-1985) |
Interpréta *Phèdre* et dirigea le théâtre jusqu’à sa mort. |
| Henry Bernstein - Directeur (1926-1940) |
Y créa ses œuvres majeures comme *Mélo*. |
Origine et histoire
Le théâtre du Gymnase, situé 38 boulevard de Bonne-Nouvelle à Paris 10e, fut fondé en 1820 par M. Lugan de La Rozerie comme espace d’entraînement pour jeunes comédiens. Son nom évoque un lieu d’exercices corporels et intellectuels. Un privilège royal autorisa la représentation de pièces condensées du répertoire de la Comédie-Française et de l’Opéra, sous conditions strictes : les œuvres en plusieurs actes devaient être réduites à un acte, et celles en un acte à une scène. Les architectes Auguste Rougevin et Louis-Régnier de Guerchy conçurent l’édifice sur l’emplacement des anciens jardins de l’hôtel du baron Louis et d’une partie du cimetière de la paroisse de Bonne-Nouvelle. Inauguré le 23 octobre 1820 avec trois pièces dont un prologue d’Eugène Scribe, le théâtre fut rapidement cédé à Delestre-Poirson, qui y introduisit l’éclairage au gaz dès 1823.
Sous la direction de Poirson, le Gymnase obtint le titre de Théâtre de Madame grâce à la protection de la duchesse de Berry. Il élargit son répertoire aux comédies-bouffes et signa un contrat exclusif avec Eugène Scribe. Fermé en 1830 pour rénovation après les Trois Glorieuses, il rouvrit sous son nom d’origine, Gymnase-Dramatique. En 1844, Adolphe Lemoine (dit Montigny) en prit la direction et orienta la programmation vers des pièces sentimentales, attirant des auteurs comme Balzac, George Sand ou Dumas père et fils. Des œuvres majeures y furent créées, dont Le Voyage de monsieur Perrichon (1860) d’Eugène Labiche.
Le théâtre connut plusieurs transformations architecturales, notamment en 1880 sous Victor Koning, avec une redécoration par les peintres Rubé, Chaperon, Compan et Plumet. Au XXe siècle, des directeurs marquants comme Henry Bernstein (1926-1940) ou Marie Bell (1962-1985) y firent créer des pièces de Cocteau, Pagnol ou Genet. Classé monument historique en 1994, le Gymnase conserve sa salle refaite en 1880, avec un plafond peint allégorique. Aujourd’hui, il collabore avec d’autres théâtres parisiens sous l’enseigne Théâtres parisiens associés et reste un lieu vivant de création et de patrimoine.