Frise chronologique
Ier siècle
Construction du théâtre
Construction du théâtre
Ier siècle (≈ 150)
Édification sous le Haut Empire romain
IIIe siècle
Abandon du théâtre
Abandon du théâtre
IIIe siècle (≈ 350)
Fin des dépôts monétaires hors sanctuaire
vers 1340–1362
Maison forte médiévale
Maison forte médiévale
vers 1340–1362 (≈ 1351)
Réoccupation éphémère des ruines antiques
1784
Première mention moderne
Première mention moderne
1784 (≈ 1784)
Abbé Baurein évoque l« île de Brion »
1966
Redécouverte archéologique
Redécouverte archéologique
1966 (≈ 1966)
Nettoyage par Chevrier et Galy-Aché
25 octobre 1984
Inscription monument historique
Inscription monument historique
25 octobre 1984 (≈ 1984)
Protection des vestiges du théâtre
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Théâtre gallo-romain de Brion (portions des vestiges) (cad. ZB 11, 12, 27) : inscription par arrêté du 25 octobre 1984
Personnages clés
| Arnaud de Bourg - Propriétaire présumé |
Excommunié en 1340, résida brièvement sur place |
| Jacques Baurein - Abbé et historien |
Premier à mentionner le site en 1784 |
| Léo Drouyn - Archéologue du XIXe siècle |
Décrit le site en 1853 comme *Noviomagus* |
| Jean Chevrier - Propriétaire et redécouvreur |
Engagea les fouilles de 1966 |
| Charles Galy-Aché - Archéologue collaborateur |
Participe aux travaux de 1966 |
Origine et histoire
Le théâtre gallo-romain de Brion, édifié au Ier siècle sous le Haut Empire romain, est un monument modeste (57 m de diamètre) situé sur la commune de Saint-Germain-d'Esteuil en Gironde. Implanté au sud-ouest d’une agglomération antique dotée d’un sanctuaire, il fut abandonné vers le IIIe siècle, puis transformé en carrière de pierre. Ses maçonneries, en opus mixtum (pierre calcaire et briques), comprenaient une cavea de quatre anneaux concentriques, neuf vomitoires, et une orchestra semi-circulaire de 23,40 m de diamètre. La scène, de petites dimensions, empiétait sur l’orchestra, typique des théâtres des agglomérations secondaires gallo-romaines.
Au XIVe siècle, les ruines du théâtre furent réutilisées pour construire une maison forte de courte durée (vers 1340–1362). Cette réoccupation médiévale inclut une tour carrée de 10 m de côté, un corps de logis rectangulaire installé dans l’ancienne orchestra, et une enceinte combinant structures antiques et fossés médiévaux. Aucune monnaie postérieure à 1362 n’a été retrouvée, suggérant un abandon rapide, peut-être lié à Arnaud de Bourg, excommunié en 1340 puis réhabilité, qui y résida brièvement.
Redécouvert en 1784 par l’abbé Jacques Baurein, le site fut décrit en détail par Léo Drouyn en 1853, qui l’associa à la cité antique de Noviomagus Medulorum. Tombé dans l’oubli, il fut dégagé en 1966 par Jean Chevrier et Charles Galy-Aché, révélant le théâtre gallo-romain. Inscrit aux monuments historiques en 1984, il reste le seul théâtre antique connu au sud de la Garonne dans le bassin aquitain. Les fouilles ultérieures (années 1980, 2011) se concentrèrent sur d’autres zones du site, laissant le théâtre partiellement étudié en raison de sa végétation dense.
Le monument illustre une double occupation historique : un théâtre public romain, symbole de romanisation dans une agglomération secondaire, puis une maison forte médiévale éphémère, témoignant des réutilisations stratégiques de vestiges antiques. Son architecture mixte (opus mixtum, gradins rayonnants) et sa capacité estimée à 2 200 places en font un exemple rare d’édifice culturel gallo-romain en Aquitaine. L’abandon médiéval précoce et l’absence de sources écrites contemporaines laissent cependant des zones d’ombre sur son usage exact au XIVe siècle.