Frise chronologique
1837
Première signalisation des ruines
Première signalisation des ruines
1837 (≈ 1837)
Membre de la Société française d’archéologie.
1862–1901
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1862–1901 (≈ 1882)
Campagnes dirigées par la Société française.
1986
Classement monument historique
Classement monument historique
1986 (≈ 1986)
Arrêté du 9 décembre 1986.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Victor Godard-Faultrier - Archéologue |
A dirigé des fouilles en 1864. |
| Michel Provost - Historien et archéologue |
A étudié le sanctuaire des eaux. |
Origine et histoire
Le théâtre gallo-romain de Gennes est un édifice de spectacle atypique, combinant les caractéristiques d’un théâtre et d’un amphithéâtre romain. Construit au IIe siècle, il fait partie d’une agglomération secondaire antique de 20 hectares, incluant thermes, aqueduc et habitats. Son style architectural, mêlant moellons et tuiles, est typique des constructions gallo-romaines rurales. Les fouilles, menées entre 1862 et 1901, ont révélé des gradins en bois et des sarcophages mérovingiens, attestant d’une réutilisation funéraire postérieure.
Implanté sur un vallon pour exploiter la topographie naturelle, le monument réduit ainsi les besoins en maçonnerie. Orienté pour éviter l’éblouissement des spectateurs, il suit les préconisations de Vitruve. Sa cavea semi-circulaire, d’un diamètre de 94 m, pouvait accueillir 5 000 personnes, avec des espaces réservés aux notables. L’arène elliptique (43,60 × 38,55 m) était bordée d’un mur-podium et de couloirs de service, incluant un système de drainage (euripe).
Le site, fréquenté jusqu’au IVe siècle, décline ensuite, bien que des objets tardifs y aient été retrouvés. À l’époque mérovingienne, il devient un lieu d’inhumation. Signalé dès 1837, il est fouillé par la Société française d’archéologie avant d’être classé monument historique en 1986. Aujourd’hui propriété communale, il témoigne de l’importance des agglomérations secondaires en Gaule romaine, souvent dotées de monuments hybrides comme ce théâtre-amphithéâtre.
Gennes est par ailleurs l’une des localisations proposées pour Robrica, une étape incertaine entre Tours (Caesarodunum) et Angers (Juliomagus) sur la table de Peutinger. Ce réseau viaire et la présence de thermes, d’un nymphée et d’un sanctuaire des eaux (attesté par Michel Provost) suggèrent une agglomération dynamique, liée aux échanges et à la vie religieuse gallo-romaine.