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Théâtre gallo-romain des Bouchauds à Saint-Cybardeaux en Charente

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Théâtre gallo-romain

Théâtre gallo-romain des Bouchauds à Saint-Cybardeaux

    D383 
    16170 Saint-Cybardeaux
Propriété du département
Théâtre gallo-romain des Bouchauds à Saint-Cybardeaux
Théâtre gallo-romain des Bouchauds à Saint-Cybardeaux
Théâtre gallo-romain des Bouchauds à Saint-Cybardeaux
Théâtre gallo-romain des Bouchauds à Saint-Cybardeaux
Théâtre gallo-romain des Bouchauds à Saint-Cybardeaux
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Théâtre gallo-romain des Bouchauds à Saint-Cybardeaux
Théâtre gallo-romain des Bouchauds à Saint-Cybardeaux
Théâtre gallo-romain des Bouchauds à Saint-Cybardeaux
Crédit photo : JLPC - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1865
Découverte par Jean Gontier
23 décembre 1881
Classement Monument Historique
1894
Suicide de Jean Gontier
1900
Rachat par Solange Laporte-Bisquit
1992
Classement du sanctuaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Théâtre gallo-romain dit des Bouchauds : classement par arrêté du 23 décembre 1881

Personnages clés

Jean Gontier - Archéologue amateur Découvreur du site, fouilleur et protecteur (1865-1894).
Camille de La Croix - Jésuite et archéologue Fouilles et publication des vestiges (1907).
Solange Laporte-Bisquit - Mécène et propriétaire Finance les fouilles post-1900.

Origine et histoire

Le théâtre gallo-romain des Bouchauds, construit au Ier siècle et remanié au IIIe siècle, est implanté sur le flanc d’une colline de Saint-Cybardeaux (Charente), à proximité de deux voies romaines majeures : la voie d’Agrippa (Saintes-Lyon) et une route secondaire reliant Angoulême à Périgueux. Son emplacement stratégique, à 154 m d’altitude, domine les vallées de la Charente et de la Nouère, suggérant un rôle central dans une agglomération secondaire, peut-être Sermanicomagus (mentionné sur la Table de Peutinger). Le site combine un théâtre de 105 m de diamètre (le plus vaste d’Aquitaine, surpassant celui d’Orange) et un sanctuaire celto-romain au sommet, mêlant temples octogonaux (tradition celtique) et rectangulaires (influence gréco-romaine).

Découvert en 1865 par Jean Gontier, un archéologue amateur, le théâtre était alors recouvert par la végétation, ne laissant visible qu’un vomitoire (passage pour spectateurs) interprété localement comme les ruines d’un « château des Fades », lié à des légendes de fées. Gontier finance seul les premières fouilles et obtient le classement aux Monuments Historiques en 1881. Ruiné et désespéré par l’absence de soutien institutionnel, il se suicide sur le site en 1894, inhumé au point culminant avec son chien. En 1900, Solange Laporte-Bisquit (épouse du sénateur-maire de Jarnac) rachète le domaine et confie les fouilles au jésuite Camille de La Croix, qui révèle entre 1907 et 1995 une agglomération secondaire avec thermes, habitats, et un sanctuaire abritant une statuette de Mercure en argent doré.

Le théâtre, creusé dans la colline calcaire, pouvait accueillir 5 000 à 6 000 spectateurs. Sa cavea (gradins) était partiellement en bois, tandis que l’orchestra (espace semi-circulaire) comportait des rangées de pierre réservées aux élites locales (flamines, décurions). Contrairement aux théâtres romains classiques, il servait avant tout au culte impérial : l’effigie de l’empereur, installée sur scène, faisait face à la communauté rassemblée dans la cavea, avec des cérémonies (jeux, processions) dans l’orchestra. Le sanctuaire voisin, fouillé au XXe siècle, a livré des temples octogonaux (Ier siècle) et des fana (IIe-IIIe siècles), ainsi que des monnaies gauloises (-Ier siècle), attestant une occupation pré-romaine.

Abandonné au IVe siècle, le site sombre dans l’oubli jusqu’à sa redécouverte. Aujourd’hui, il se visite librement toute l’année, avec des animations estivales (visites guidées, Nuits gallo-romaines) et accueille les Sarabandes des Bouchauds, un festival. Le sanctuaire, classé en 1992, et le théâtre (classé en 1881) sont propriété du département de la Charente. Leur étude éclaire le syncrétisme religieux en Gaule romaine, où traditions celtiques (culte de Mercure) et romanité (culte impérial) coexistaient dans un même lieu de rassemblement civique et sacré.

Liens externes