Frise chronologique
1865
Découverte par Jean Gontier
Découverte par Jean Gontier
1865 (≈ 1865)
Premières fouilles financées personnellement.
23 décembre 1881
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
23 décembre 1881 (≈ 1881)
Protection officielle du théâtre.
1894
Suicide de Jean Gontier
Suicide de Jean Gontier
1894 (≈ 1894)
Inhumé sur le site avec son chien.
1900
Rachat par Solange Laporte-Bisquit
Rachat par Solange Laporte-Bisquit
1900 (≈ 1900)
Fouilles reprises par Camille de La Croix.
1992
Classement du sanctuaire
Classement du sanctuaire
1992 (≈ 1992)
Protection étendue aux temples celto-romains.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Théâtre gallo-romain dit des Bouchauds : classement par arrêté du 23 décembre 1881
Personnages clés
| Jean Gontier - Archéologue amateur |
Découvreur du site, fouilleur et protecteur (1865-1894). |
| Camille de La Croix - Jésuite et archéologue |
Fouilles et publication des vestiges (1907). |
| Solange Laporte-Bisquit - Mécène et propriétaire |
Finance les fouilles post-1900. |
Origine et histoire
Le théâtre gallo-romain des Bouchauds, construit au Ier siècle et remanié au IIIe siècle, est implanté sur le flanc d’une colline de Saint-Cybardeaux (Charente), à proximité de deux voies romaines majeures : la voie d’Agrippa (Saintes-Lyon) et une route secondaire reliant Angoulême à Périgueux. Son emplacement stratégique, à 154 m d’altitude, domine les vallées de la Charente et de la Nouère, suggérant un rôle central dans une agglomération secondaire, peut-être Sermanicomagus (mentionné sur la Table de Peutinger). Le site combine un théâtre de 105 m de diamètre (le plus vaste d’Aquitaine, surpassant celui d’Orange) et un sanctuaire celto-romain au sommet, mêlant temples octogonaux (tradition celtique) et rectangulaires (influence gréco-romaine).
Découvert en 1865 par Jean Gontier, un archéologue amateur, le théâtre était alors recouvert par la végétation, ne laissant visible qu’un vomitoire (passage pour spectateurs) interprété localement comme les ruines d’un « château des Fades », lié à des légendes de fées. Gontier finance seul les premières fouilles et obtient le classement aux Monuments Historiques en 1881. Ruiné et désespéré par l’absence de soutien institutionnel, il se suicide sur le site en 1894, inhumé au point culminant avec son chien. En 1900, Solange Laporte-Bisquit (épouse du sénateur-maire de Jarnac) rachète le domaine et confie les fouilles au jésuite Camille de La Croix, qui révèle entre 1907 et 1995 une agglomération secondaire avec thermes, habitats, et un sanctuaire abritant une statuette de Mercure en argent doré.
Le théâtre, creusé dans la colline calcaire, pouvait accueillir 5 000 à 6 000 spectateurs. Sa cavea (gradins) était partiellement en bois, tandis que l’orchestra (espace semi-circulaire) comportait des rangées de pierre réservées aux élites locales (flamines, décurions). Contrairement aux théâtres romains classiques, il servait avant tout au culte impérial : l’effigie de l’empereur, installée sur scène, faisait face à la communauté rassemblée dans la cavea, avec des cérémonies (jeux, processions) dans l’orchestra. Le sanctuaire voisin, fouillé au XXe siècle, a livré des temples octogonaux (Ier siècle) et des fana (IIe-IIIe siècles), ainsi que des monnaies gauloises (-Ier siècle), attestant une occupation pré-romaine.
Abandonné au IVe siècle, le site sombre dans l’oubli jusqu’à sa redécouverte. Aujourd’hui, il se visite librement toute l’année, avec des animations estivales (visites guidées, Nuits gallo-romaines) et accueille les Sarabandes des Bouchauds, un festival. Le sanctuaire, classé en 1992, et le théâtre (classé en 1881) sont propriété du département de la Charente. Leur étude éclaire le syncrétisme religieux en Gaule romaine, où traditions celtiques (culte de Mercure) et romanité (culte impérial) coexistaient dans un même lieu de rassemblement civique et sacré.