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Théâtre municipal à Carcassonne dans l'Aude

Théâtre municipal

    6 Rue Courtejaire
    11000 Carcassonne
Propriété de la commune
Théâtre municipal
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Crédit photo : Didier Descouens - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1797
Transformation du couvent
1874
Don à la ville
1929
Décision de reconstruction
1933-1935
Construction du théâtre actuel
8 juillet 1935
Inauguration
2 juillet 2002
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le théâtre en totalité (cad. BM 326) : inscription par arrêté du 2 juillet 2002

Personnages clés

Raymond Esparseil - Architecte Concepteur local du projet moderne.
Marcel Oudin - Architecte Spécialiste parisien du béton précontraint.
Jean-Noël Garrigues - Peintre Auteur de *La Symphonie pastorale* (foyer).
Gustave-Louis Jaulmes - Peintre-décorateur Décors du grand escalier et cadre de scène.
Casimir Courtejaire - Ancien propriétaire Légua le théâtre à la ville en 1874.
Paul Valéry - Écrivain Inaugura le théâtre en 1935.

Origine et histoire

Le théâtre municipal de Carcassonne, construit entre 1933 et 1935, remplace un ancien théâtre installé en 1797 dans l’église du couvent des Jacobins, confisquée à la Révolution. Ce couvent, fondé à la fin du XVIe siècle, fut transformé en salle de spectacle par Benoît Faral, puis acquis en 1843 par Casimir Courtejaire, qui le légua à la ville en 1874. Malgré des réparations, le bâtiment, vétuste et dangereux, fut jugé inadapté aux normes de sécurité dans les années 1930.

La décision de reconstruire un théâtre moderne fut officialisée en 1929, dans le cadre du Plan d’aménagement, d’embellissement et d’extension (PAEE) imposé par la loi Cornudet de 1919. Le projet fut confié aux architectes Raymond Esparseil (local) et Marcel Oudin (parisien), spécialiste du béton précontraint. Ce matériau innovant permit de créer une salle sans poteaux, une rareté pour l’époque. Le chantier, mené par l’entreprise Fiorio, intégra aussi des systèmes avancés de chauffage, climatisation et éclairage, inspirés des technologies utilisées sur le paquebot Normandie.

L’architecture Art déco du théâtre se distingue par sa verticalité, ses matériaux nobles (travertin, marbres colorés comme le Skyros oriental ou le vert des Alpes) et l’absence de décors superflus. La façade, transparente et rythmée par des colonnes monumentales, invite le passant à apercevoir l’intérieur. À l’intérieur, la salle à l’italienne, le grand escalier aux marbres polychromes, et les décors peints par Jean-Noël Garrigues (La Symphonie pastorale) et Gustave-Louis Jaulmes (références à Erato et Terpsichore) illustrent ce style épuré mais luxueux.

Inauguré le 8 juillet 1935 par une conférence de Paul Valéry, le théâtre fut salué pour ses techniques pionnières, comme le béton armé ou le système de climatisation invisible. Classé Monument Historique en 2002, il conserve aujourd’hui ses dispositions d’origine, y compris le jeu d’orgue et le rhéostat d’éclairage, témoignages de son avant-gardisme. Son histoire reflète aussi l’évolution urbaine de Carcassonne, marquée par la transition entre patrimoine religieux et culture moderne.

Le théâtre s’inscrit dans un contexte plus large de rénovation des équipements culturels en France dans l’entre-deux-guerres. La loi Cornudet, visant à moderniser les villes, poussait les municipalités à investir dans des infrastructures publiques. À Carcassonne, ce projet symbolisait aussi la volonté de dynamiser la ville basse, en opposition à la cité médiévale, par un équipement résolument tourné vers l’innovation et accessible à un public élargi.

Liens externes