Origine et histoire du Théâtre municipal
Le théâtre municipal de Rochefort, aussi appelé théâtre de la Coupe d'Or, est édifié entre 1767 et 1769 sur l’initiative de Pierre-André Hèbre de Saint-Clément, maire de Rochefort de 1767 à 1771. Ce projet vise à offrir un lieu de spectacle public aux officiers, armateurs et entrepreneurs locaux, alors que les représentations se déroulaient auparavant dans des salons privés. Un premier théâtre, construit en 1766 par l’Italien Miguel Angelo, s’effondre pendant les travaux, entraînant un procès et la condamnation de son architecte. Le bâtiment actuel est alors confié au peintre et architecte lombard Giovanni Antonio Berinzago, qui conçoit un théâtre à l’italienne sur l’emplacement de l’hôtel particulier de la Coupe d’Or, dans un quartier en expansion grâce aux activités de l’Arsenal et de la Corderie royale. Inauguré au printemps 1769 sous le nom de Théâtre de la Marine, il devient un symbole du dynamisme culturel de Rochefort.
Délabré et coûteux à entretenir, le théâtre est racheté par la municipalité en 1852. L’architecte rochelais Antoine Brossard mène une campagne de restauration et d’agrandissement, modernisant la façade, le péristyle, les fauteuils du parterre, les décors et l’éclairage au gaz. Le bâtiment est réinauguré en 1853. Deux autres restaurations majeures suivent : en 1971, Marc Quentin s’inspire du théâtre de la Reine de Versailles pour refaire la salle, puis entre 2009 et 2012, Thierry Algrin, architecte en chef des Monuments historiques, supervise des travaux de mise aux normes, de sécurité, d’accessibilité et de nettoyage des fresques de la coupole, datées de 1884. Ces fresques, représentant les Muses, sont l’œuvre du peintre Constantin.
Classé monument historique par arrêté du 26 décembre 1969, le théâtre de la Coupe d’Or se distingue par son architecture en trois parties (foyer, salle, scène) et sa façade ornée de pilastres cannelés et de chapiteaux ioniques. Son histoire reflète les ambitions culturelles de Rochefort, ville portuaire et militaire en plein essor au XVIIIe siècle, ainsi que les évolutions techniques et esthétiques des théâtres français jusqu’à l’époque contemporaine.