Origine et histoire du Théâtre municipal
Le théâtre municipal de Sens, construit en 1880 et inauguré en 1882, est un édifice emblématique de la ville, situé au 21 boulevard des Garibaldi. Il remplace une ancienne salle de spectacle aménagée dès 1793 dans l’aile gauche d’un bâtiment appartenant à Jean-Louis Guyot, marchand fripier, puis acquise par la ville en 1824. Ce premier théâtre, modeste et souvent rénové, fut jugé insuffisant dès les années 1870, poussant la municipalité à commander un nouveau projet.
En 1879, l’architecte Horace Lefort conçoit un agrandissement ambitieux : une nouvelle salle perpendiculaire à l’ancienne, avec une scène élargie, des loges d’artistes, et un foyer public. La première pierre est posée en 1881, et l’inauguration a lieu le 16 juillet 1882. Le théâtre, de style italien, présente une salle en U avec deux galeries, un plafond peint par Diost, et des décors stuqués. Son inscription aux Monuments historiques en 1975 marque sa reconnaissance patrimoniale.
Le théâtre a failli disparaître dans les années 1960, menacé de démolition pour laisser place à une banque ou une gare routière. Sauvé par une mobilisation locale, il rouvre en 1981 après une rénovation majeure. Aujourd’hui, il propose une programmation variée (théâtre, opéra, danse, humour) et accueille aussi des spectacles scolaires et associatifs. Son architecture, mêlant pierre de taille et calcaire, et son histoire reflètent l’évolution des pratiques culturelles à Sens.
L’origine du site remonte à l’ancien cimetière de l’Hôtel-Dieu, déplacé en 1758. La première salle, construite par Guyot entre 1793 et 1799, était une simple salle de danse avec galerie, transformée en théâtre en 1808. Acquise par la ville en 1827, elle fut plusieurs fois rénovée (1832, 1843) avant d’être jugée vétuste. Les travaux de 1880-1882, menés par l’entrepreneur Adolphe Evrat, donnèrent naissance au théâtre actuel, avec une façade en pierre de taille et une charpente métallique sous les combles.
Le théâtre a connu des périodes difficiles, comme sa fermeture en 1963 pour raisons de sécurité, ou sa concurrence avec les cinémas dans les années 1950. Sa sauvegarde dans les années 1970, portée par le maire André Chaussat, permit une restauration complète (1980-1981), redonnant vie à ce lieu culturel. Aujourd’hui, avec 350 places, il reste un pilier de la vie artistique sénonaise, mêlant patrimoine et modernité.