Origine et histoire
Le Théâtre municipal, dit Théâtre Opéra Comédie, se situe place de la Comédie, au cœur de Montpellier. La ville obtient un privilège royal en 1740 pour construire une salle de spectacle et lance un concours en 1752 ; le projet retenu est celui de Jacques Philippe Mareschal, implanté hors les murs, sur les fossés comblés de l’enceinte au sud-est de la ville. L’adjudication des travaux est confiée à Hilaire Ricard en 1754 et la première salle, de type « à l’italienne », comprend à l’arrière une salle de concert perpendiculaire. Le théâtre est inauguré avec Pyrame et Thisbé en 1755. Après un incendie destructeur la nuit du 17 au 18 décembre 1785, l’édifice est reconstruit à l’identique et rouvert à la fin des années 1780; un nouveau début d’incendie le détériore ensuite en 1789, et pendant la Révolution il sert pour des pièces de propagande et des réunions des « amis de la constitution ». La nuit du 5 au 6 avril 1881, un incendie détruit totalement le bâtiment ; un théâtre provisoire en bois est alors établi sur le Champ-de-Mars, devenu depuis l’Esplanade, et un concours est lancé pour édifier un nouveau théâtre. Joseph‑Marie Cassien‑Bernard remporte ce concours et dirige la reconstruction qui aboutit à l’inauguration d’un grand théâtre à l’italienne en 1888 ; la décoration peinte est confiée à Ernest Michel, Arnaud d’Ubec, Paul Estève, Auguste Privat, Max Leenhardt et Antonin Marie Chatinière, et la décoration sculptée à Jean‑Antoine Injalbert et plusieurs artistes locaux. L’édifice fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques le 7 septembre 2020, remplacée par un arrêté de classement le 6 janvier 2025.
Le bâtiment suit la pente naturelle du terrain et présente la forme d’un parallélépipède, plus étroit en façade qu’à l’arrière. La façade, d’allure bourgeoise, s’ouvre sur trois grandes baies vitrées surplombant trois larges portes et un parvis ; une balustrade ornée de statues et une horloge monumentale, œuvres de Jean‑Antoine Injalbert, ornaient la partie haute. Un grand escalier en marbre blanc à double volute relie le vestibule à la première galerie ; ses sculptures et celles des vestibules et façades ont été réalisées par Auguste Baussan, Alfred Avinaud, Arthur Jullian et Raymond Coste.
Le grand foyer est décoré de huit fresques, exécutées par de jeunes artistes montpelliérains, qui représentent la danse, la pastorale, la poésie, la comédie, le chant, l’histoire, la musique et la tragédie. Le plafond est occupé par La Voix Lactée, monumental panneau d’Ernest Michel, qui a aussi peint les trois coupoles du grand escalier illustrant l’aurore, le jour et la nuit, avec leurs figures mythologiques.
La grande salle offre environ 1 200 places réparties sur cinq niveaux, du parterre à la quatrième galerie. Elle est dominée par un lustre de cristal et une coupole peinte par Jean‑Baptiste Arnaud‑Durbec selon un programme représentant la Ville de Montpellier entourant poètes et musiciens, ainsi que des danses régionales. Le lustre se lève dans une salle dédiée à son entretien grâce à deux demi‑coupoles mobiles et un échafaudage permanent. Le lambrequin, portant la date d’inauguration, encadre une scène de neuf mètres de haut sur douze mètres quatre‑vingt et la surface de scène atteint 440 m² ; la machinerie reposait dès l’origine sur des bâtis métalliques et un équipement électrique. La fosse d’orchestre, initialement prévue pour cinquante musiciens, peut en recevoir soixante après des travaux d’agrandissement réalisés en 1985. La salle Molière, salle de concert de 350 places perpendiculaire à la salle principale, perpétue la tradition montpelliéraine d’une salle de concert adjacente.
L’Opéra‑Comédie est implanté au centre‑ville et reste accessible par les parkings souterrains de la Comédie et du Polygone, par la gare située à environ 350 mètres et par les lignes de tram 1 et 2. Le bâtiment appartient à la Métropole de Montpellier et est géré, en accord avec elle, par l’association Opéra Orchestre national Montpellier Languedoc‑Roussillon, qui y présente principalement ses productions tout en prêtant ou louant les lieux à d’autres manifestations.
Des travaux de restauration, modernisation et sécurisation ont été engagés au début des années 2010, centrés sur la cage de scène et ses abords immédiats, hors salles et foyers. La reconfiguration a consisté à démonter la cage jusqu’à la toiture, à dégager le plateau, à créer un niveau de 4 mètres sous la scène et à installer un monte‑décor de grande dimension (950 x 420 cm) ainsi que des porteuses motorisées pilotées par pupitre informatique, ce qui améliore l’accès des décors et les conditions de travail. La fosse d’orchestre a été réaménagée pour plus d’accessibilité, de confort hygrométrique et de performance acoustique; le lambrequin a été restauré et le rideau d’avant‑scène restitué d’après des photographies d’archives. Lors des travaux, la démolition et le gros œuvre ont été conduits entre 2010 et 2011, la découverte en mars 2011 de vestiges d’une clôture communale du XIIIe siècle a entraîné leur protection avec la DRAC, puis la reconstruction des dessous de scène a débuté en avril 2011; la réouverture au public était prévue au printemps 2012.