Frise chronologique
1879
Approbation du projet
Approbation du projet
1879 (≈ 1879)
Conseil municipal valide les plans de Laloy.
24 septembre 1886
Inauguration
Inauguration
24 septembre 1886 (≈ 1886)
Ouverture officielle du théâtre.
juin 1944 - janvier 1946
Fermeture temporaire
Fermeture temporaire
juin 1944 - janvier 1946 (≈ 1945)
Bombardements alliés pendant la Seconde Guerre mondiale.
novembre 1970
Fermeture définitive
Fermeture définitive
novembre 1970 (≈ 1970)
Désaffectation pour obsolescence et concurrence télévisuelle.
1er juin 1988
Inscription MH
Inscription MH
1er juin 1988 (≈ 1988)
Protection à l'Inventaire Supplémentaire.
8 décembre 2001
Réouverture
Réouverture
8 décembre 2001 (≈ 2001)
Fin des travaux de restauration.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Théâtre, sauf partie classée (cad. AT 306) : inscription par arrêté du 1er juin 1988 ; Façade principale (cad. AT 306) : classement par arrêté du 1er mars 1990
Personnages clés
| Jean-Marie Laloy - Architecte |
Concepteur du théâtre et des bâtiments municipaux. |
| Joseph Couyer de la Chesnardière - Maire de Fougères |
Proposa en 1851 une première salle de spectacle. |
| Gaumerais - Ornemaniste rennais |
Auteur des sculptures de la façade. |
Origine et histoire
Le théâtre Victor-Hugo de Fougères, construit sous la Troisième République par l'architecte local Jean-Marie Laloy, s'inscrit dans un projet urbain ambitieux incluant halles, bibliothèque et justice de paix. Inauguré en 1886, il répondait à la demande croissante d'une population ouvrière en plein essor démographique, liée à l'industrie de la chaussure. Son architecture éclectique, inspirée du théâtre d'Angers, allie monumentalisme et rationalisme pour 650 places, malgré un budget modeste de 160 000 francs.
La façade, classée Monument Historique en 1990, illustre le style Second Empire avec ses colonnes corinthiennes, ses bossages et son fronton orné de masques de la Comédie et de la Tragédie. L'intérieur, sobre mais élégant, mêle décors peints (vert, rouge, or) et éléments sculptés comme des lyres ou des feuilles de fougère. La salle, à l'origine conçue avec un parterre et trois balcons, fut réduite à 250 places après sa restauration (1996-2001), intégrant désormais des espaces administratifs et l'office de tourisme.
Désaffecté en 1970 en raison de l'obsolescence technique et de la concurrence de la télévision, le théâtre évita la destruction grâce à son inscription à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1988. Sa réhabilitation à l'identique permit sa réouverture en 2001, complétant l'offre culturelle de Fougères aux côtés du centre Juliette-Drouet et de l'Espace Aumaillerie. L'édifice témoigne aujourd'hui du dynamisme culturel de la ville au XIXe siècle et de son patrimoine architectural préservé.
L'architecte Jean-Marie Laloy, natif de Fougères, conçut un bâtiment fonctionnel malgré les contraintes du terrain pentu et étroit. Les plans de la façade servirent même de modèle pour le théâtre de Lisieux. À l'intérieur, la coupole métallique ornée d'un trompe-l'œil et les loges des artistes en sous-sol reflètent une organisation scrupuleuse, tandis que le cadre de scène, décoré d'anges portant les armes de la ville, concentre l'essentiel des ornements sculptés.
Le théâtre s'insère dans un îlot urbain dense, ses façades ouest et sud étant intégrées à des immeubles d'habitation. Sa localisation près de la rue Nationale, dans la ville haute, en fait un repère visuel majeur. La pierre calcaire utilisée, étrangère à la région, souligne la volonté de prestige des édiles locaux. Après les bombardements de 1944, qui interrompirent son activité jusqu'en 1946, l'édifice connut un déclin progressif avant sa renaissance au XXIe siècle.