Frise chronologique
1759
Premier bâtiment thermal
Premier bâtiment thermal
1759 (≈ 1759)
Construction détruite en 1803
1841
Incendie destructeur
Incendie destructeur
1841 (≈ 1841)
Anéantit l’édifice précédent
1846
Mission d’étude de Chambert
Mission d’étude de Chambert
1846 (≈ 1846)
Voyage en Europe pour inspirer les plans
1848–1856
Construction des Thermes Chambert
Construction des Thermes Chambert
1848–1856 (≈ 1852)
Chantier dirigé par Edmond Chambert
1854–1858
Décoration de la Salle des Pas Perdus
Décoration de la Salle des Pas Perdus
1854–1858 (≈ 1856)
Fresques de Romain Cazes
1860
Description par Lambron
Description par Lambron
1860 (≈ 1860)
Plan initial détaillé des thermes
1870
Salle du plan en relief
Salle du plan en relief
1870 (≈ 1870)
Exposition du plan des Pyrénées
6 octobre 1977
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
6 octobre 1977 (≈ 1977)
Protection de la partie haute
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Partie haute, avec ses peintures murales, du grand hall (cad. B 3234) : inscription par arrêté du 6 octobre 1977
Personnages clés
| Edmond Chambert - Architecte départemental |
Concepteur des thermes (1848–1856) |
| Romain Cazes - Peintre décorateur |
Auteur des fresques (1854–1858) |
| B. Bernard - Artiste ornemaniste |
Collaborateur aux décors peints |
| Vicomte de Duchâtel - Préfet commanditaire |
Envoya Chambert en mission d’étude |
Origine et histoire
Les Thermes Chambert de Bagnères-de-Luchon, construits entre 1848 et 1856 par l’architecte Edmond Chambert, remplacent un bâtiment thermal détruit par un incendie en 1841. Le projet s’inspire des grands établissements européens visités par Chambert (Allemagne, Suisse, France), avec un devis initial de 600 000 francs. L’édifice adopte un plan en H centré sur la Salle des Pas Perdus, voûtée et décorée de fresques par Romain Cazes (1854–1858), éclairée par des verrières et ornée de marbres locaux (brèche de Saint-Béat, griotte rouge). La façade, longue de 97 mètres, présente une colonnade de 28 colonnes doriques monolithes en marbre blanc, interrompue par une arcade monumentale surmontée d’un fronton triangulaire.
L’ensemble thermal comprend initialement 9 salles de bains (100 baignoires), 3 piscines (dont une de natation), des douches, des bains de vapeur, et 18 buvettes réparties le long du Promenoir des buvettes. Les pavillons, couverts de toits en double bâtière ou en pavillon, conservent des décors peints et des verrières. La charpente de la salle centrale est conçue pour résister à la neige, avec des poinçons ajustables. À l’étage, une salle abritait autrefois un plan en relief des Pyrénées (vers 1870), aujourd’hui transféré au casino. Les sources, exploitées depuis l’époque romaine, furent redécouvertes au XVIIe siècle, avec un premier bâtiment thermal construit en 1759 puis détruit en 1803.
Classée Monument Historique en 1977 (pour la partie haute du grand hall et ses peintures), la structure illustre l’âge d’or des stations thermales sous le Second Empire. Les matériaux locaux (schiste, pierre de la Picadère, ardoises) s’allient à des techniques innovantes pour l’époque, comme les galeries souterraines ou les systèmes de chauffage des lingeries. L’architecte Chambert, nommé en 1845, supervise un chantier ambitieux, marqué par des variantes stylistiques (frontons, arcades) avant d’aboutir au parti dorique actuel. Le site, propriété de la commune, reste un témoignage majeur de l’urbanisme thermal pyrénéen, mêlant hygiénisme, esthétique néo-classique et exploitation des ressources naturelles.