Frise chronologique
Ier siècle (fin)
Construction des thermes monumentaux
Construction des thermes monumentaux
Ier siècle (fin) (≈ 184)
Troisième phase d’aménagement du site.
Antiquité tardive
Abandon des thermes
Abandon des thermes
Antiquité tardive (≈ 212)
Déclin lié à l’insécurité ou désaffection.
IIe-IIIe siècles
Embellissement des thermes
Embellissement des thermes
IIe-IIIe siècles (≈ 350)
Phase de décoration et améliorations.
1880
Identification des thermes
Identification des thermes
1880 (≈ 1880)
Camille de La Croix prouve leur fonction.
25 mai 1904
Classement monument historique
Classement monument historique
25 mai 1904 (≈ 1904)
Protection officielle des vestiges.
1906
Fouilles par la Commission des arts
Fouilles par la Commission des arts
1906 (≈ 1906)
Résultats non publiés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Thermes de Saint-Saloine : classement par arrêté du 27 mai 1904
Personnages clés
| Camille de La Croix - Archéologue |
Démontre en 1880 la fonction thermale. |
| Famille Morand (ou Moran) - Propriétaires du site (XIXe s.) |
Fouilles et construction d’un tombeau. |
| Georg Braun - Cartographe (XVIe s.) |
A dessiné les vestiges en 1560. |
| Alain Bouet - Archéologue contemporain |
A étudié la fontaine et le site. |
Origine et histoire
Les thermes de Saint-Saloine, situés à Saintes (ancienne Mediolanum Santonum), datent du Haut-Empire et furent construits vers la fin du Ier siècle apr. J.-C., marquant la troisième phase d’aménagement d’un site occupé dès le début de notre ère. Initialement, le terrain abritait des ateliers ou habitations (état 1), puis un bâtiment public non identifié (état 2) avant l’édification des thermes monumentaux (état 3). Ces derniers, alimentés par un aqueduc, furent embellis entre les IIe et IIIe siècles, puis abandonnés durant l’Antiquité tardive, peut-être en raison de l’insécurité croissante ou du déclin des pratiques thermales.
Classés monuments historiques en 1904, les vestiges visibles aujourd’hui ne représentent qu’une partie du complexe originel, la moitié ouest ayant disparu. Parmi les éléments conservés figurent le caldarium (salle chaude), le laconicum (salle de sudation), et une fontaine monumentale aménagée sur le mur méridional du caldarium, alimentée par le même aqueduc que les thermes. La fonction exacte de cette fontaine, ainsi que l’étendue des pièces de service (comme les praefurnia pour le chauffage), restent partiellement hypothétiques en raison des destructions successives.
Le site fut réutilisé après l’Antiquité : transformé en sanctuaire paléochrétien, puis en église romane dédiée à saint Saloine, il devint une nécropole aux époques tardive et médiévale, comme en attestent les sarcophages retrouvés. Au XIXe siècle, des fouilles menées par la famille Morand (ou Moran) et des interventions ultérieures (notamment en 1906) ont permis de documenter partiellement le plan des thermes, bien que des zones restent inaccessibles. Le cimetière Saint-Vivien, adjacent au site, a par ailleurs perturbé les vestiges lors de ses extensions.
Les thermes s’inscrivaient dans un contexte urbain structuré : ils dominaient le ravin de Saint-Saloine et la vallée de la Charente, et étaient bordés au nord par un decumanus (voie est-ouest) et à l’est par un cardo (voie nord-sud), probablement flanqué de boutiques. Leur abandon coïncide avec le déclin de Mediolanum Santonum, dont la superficie passa de 100 à 15 hectares, et la réaffectation de nombreux édifices publics. Aujourd’hui, ils constituent, avec l’arc de Germanicus et l’amphithéâtre, l’un des rares témoignages antiques visibles en élévation à Saintes.
L’interprétation de certains aménagements, comme la fontaine ou la possible extension du cardo vers le sud (pont ou impasse), fait encore débat parmi les archéologues. Les vestiges actuels, bien que fragmentaires, offrent un aperçu des techniques romaines : maçonnerie en opus vittatum, hypocaustes pour le chauffage, et décors en marbre. Leur étude s’appuie sur des sources variées, dont les plans de Georg Braun (1560) et les fouilles du XXe siècle, bien que certaines données restent lacunaires ou non publiées.