Origine et histoire des Thermes
Les Thermes du Mont-Dore, construits initialement en 1817 par l’architecte parisien Charles Ledru, remplacent des bâtiments de bains du XVIIIe siècle. Le projet, approuvé en 1816, est motivé par la découverte de vestiges gallo-romains (un temple et des thermes) pendant les travaux, entraînant un remaniement du plan. L’édifice, achevé en 1824 et réceptionné en 1832, intègre ces vestiges et adopte un style inspiré des thermes antiques. La source thérapeutique, exploitée depuis la Restauration, attire une clientèle aristocratique sous le Second Empire, nécessitant des agrandissements successifs.
En 1890, l’architecte Émile Camut est chargé d’un agrandissement majeur, conservant la façade de Ledru mais transformant entièrement l’intérieur. Il s’inspire des thermes romains et de l’art roman auvergnat, ajoutant deux pavillons d’angle et un étage. Les travaux, adjugés en 1889, s’achèvent en 1894. Le bâtiment combine alors andésite locale, voûtes d’arêtes, et une coupole sur la source Saint-Jean-César. Deux escaliers monumentaux en pierre encadrent le grand hall, tandis que des verrières couvrent les cours intérieures.
Au XXe siècle, les Thermes subissent plusieurs modernisations : entre 1934 et 1938, l’architecte E. Pincot remanie les cours et les salles centrales ; entre 1942 et 1957, un étage de laboratoires est ajouté. En 1974-1975, l’architecte Bosser construit un nouveau bâtiment des vapeurs et une piscine au nord, tandis que l’aile sud est étendue en 1983. Classés Monument Historique en 1989 pour leur façade, leur vestibule, et leurs vestiges antiques, les Thermes témoignent de l’évolution des pratiques curatives et de l’architecture thermale française.
La station du Mont-Dore, prisée pour ses eaux soufrées, incarne le phénomène de villégiature thermale qui se développe au XIXe siècle. Sous la Restauration et le Second Empire, les curistes, souvent issus de l’aristocratie ou de la bourgeoisie, y recherchent des soins mais aussi un lieu de sociabilité mondaine. L’agrandissement de 1890 répond à cet afflux, tout en intégrant des références historiques (réutilisation de vestiges gallo-romains) et régionales (art roman auvergnat), illustrant le syncrétisme architectural de l’époque.
Les transformations successives reflètent les avancées médicales et les besoins croissants des curistes. L’ajout de laboratoires au XXe siècle marque une médicalisation accrue, tandis que la piscine et les espaces de détente (galeries promenades, halls) soulignent la dimension à la fois thérapeutique et récréative des thermes. Aujourd’hui, le bâtiment, propriété du département, conserve des éléments protégés comme la source César ou les escaliers d’honneur, rappels de son prestige passé.