Thermes gallo-romains d'Alleaume à Valognes dans la Manche

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Thermes gallo-romains

Thermes gallo-romains d'Alleaume à Valognes

  • Le Castelet
  • 50700 Valognes
Thermes gallo-romains dAlleaume à Valognes
Thermes gallo-romains dAlleaume à Valognes
Thermes gallo-romains dAlleaume à Valognes
Thermes gallo-romains dAlleaume à Valognes
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Thermes gallo-romains dAlleaume à Valognes
Thermes gallo-romains dAlleaume à Valognes
Crédit photo : Crochet.david - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
200
300
400
1700
1800
1900
2000
Seconde moitié du Ier siècle
Construction des thermes
Fin du IIIe siècle
Désaffectation des thermes
XVIIe siècle
Découverte initiale
Fin du XVIIe siècle
Identification des vestiges
1862
Protection des vestiges
1989
Fouilles et découverte complète
Années 1990
Fouilles complètes
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ruines romaines d'Alauna : classement par liste de 1862

Origine et histoire des Thermes gallo-romains d'Alleaume

Les thermes antiques d'Alauna forment un ensemble thermal gallo-romain situé à Valognes, dans le Manche. Ils se trouvent au nord de l'agglomération antique d'Alauna, aujourd'hui couverte par les pâturages et haies du bocage, à proximité d'une voie assimilée au cardo maximus. Probablement construits dans la seconde moitié du Ier siècle, ils sont désaffectés vers la fin du IIIe siècle; leurs maçonneries sont récupérées pendant des siècles et le site est partiellement réinvesti à la fin du Moyen Âge. L'architecture symétrique, avec des salles identiques de part et d'autre d'un axe médian, rattache ces thermes au type des plans symétriques, à l'image des thermes de Néron, alors que leur superficie reste modeste (1 225 m2). Des vestiges en élévation hauts d'environ 12 m ont traversé le paysage et n'ont été formellement identifiés comme établissement thermal qu'à la fin du XVIIe siècle; le plan a été restitué après des fouilles complètes menées au début des années 1990 et le site a été aménagé en jardin archéologique. Des études récentes mettent au jour des bâtiments annexes probables dans l'environnement immédiat. Les thermes d'Alauna sont protégés au titre des monuments historiques depuis la liste de 1862.

Le site se situe à 1,6 km au sud-est du bourg moderne d'Alleaume, sur le rebord nord‑ouest d'un plateau entre deux talwegs parallèles, sur le flanc gauche de la vallée du Merderet; les thermes occupent le point bas de la ville antique, à 38 m d'altitude. Les ressources géologiques locales — argiles rouges, sables et galets rhétiens sur le plateau et calcaire jurassique sur les pentes — ont été employées à la construction des édifices. Les thermes, proches de la limite nord-ouest de l'agglomération et desservis par la principale voie nord‑sud, constituent, avec le théâtre oriental, l'essentiel de la parure monumentale connue; la présence probable d'un forum, de sanctuaires et de secteurs habités et artisanaux suggère une cité plus importante que les premiers indices ne le laissaient penser, ce qui soulève la question de l'existence éventuelle d'un autre établissement thermal plus central, hypothèse soutenue par des découvertes anciennes et récentes.

Les thermes furent édifiés sur une parcelle partiellement limitée par des fossés; un four, un puits et d'autres maçonneries semblent liés au chantier de construction et n'attestent pas d'occupation antérieure. L'édification, rapprochée de la phase d'extension de la cité, paraît dater de la seconde moitié du Ier siècle; le complexe a peu été transformé par la suite, sinon par l'adjonction de latrines et peut‑être d'une piscine extérieure. Désaffectés à la fin du IIIe siècle, leurs pierres ont été remployées; la réutilisation différenciée des matériaux explique la conservation de certains murs en élévation intégrés à des constructions postérieures. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les premières fouilles et relevés mentionnent les ruines comme balnéaire, mais des erreurs de plans et des destructions volontaires ont marqué l'histoire moderne du site. Les recherches ont repris au XIXe siècle, les vestiges ont été classés en 1862, protégés des destructions de la Seconde Guerre mondiale, sondés et consolidés entre 1954 et 1968, puis fouillés intégralement entre 1989 et 1992; depuis 2012 un programme pluriannuel a approfondi les études et une prospection géoradar a été réalisée en 2020.

Les vestiges en élévation, parfois hauts de 12 m, correspondent à trois salles situées au sud‑ouest — tepidarium, unctorium et sudatorium — tandis que la base d'autres murs et les tranchées d'extraction permettent de restituer le plan complet; ces ruines comptent parmi les rares élévations romaines conservées en Normandie. Le site est aujourd'hui aménagé en jardin archéologique ouvert au public et fait l'objet de visites guidées organisées par l'association Agglomération antique d'Alauna en partenariat avec le pays d'art et d'histoire.

Le complexe couvre 1 225 m2 et s'inscrit dans un carré de 36,5 m de côté, soit un actus quadratus, subdivisé en trois modules du nord au sud et quatre de l'est à l'ouest; la largeur des murs extérieurs et la hauteur estimée semblent également régies par ce module. Le plan symétrique comprend, sur l'axe médian et d'est en ouest, une piscine froide en abside, un frigidarium, un caldarium doté d'une piscine chaude octogonale de 7,30 m de large et 1 m de profondeur, puis un sudatorium; de part et d'autre se retrouvent apodyteria, unctoria et tepidaria, et l'entrée et la sortie se font par les deux apodyteria orientales, côté voie. Le doublement de certaines pièces paraît destiné à moduler la capacité et à permettre l'entretien d'éléments du complexe sans interrompre totalement son fonctionnement, les piscines et le sudatorium restant des espaces communs.

L'installation thermique repose sur trois praefurnia accolés au sudatorium, des hypocaustes et des bouches de chaleur reliant les sous-sols, tandis que des tubuli en terre cuite insérés dans l'épaisseur des murs permettent l'évacuation de l'air chaud. Les murs, très épais surtout au caldarium, sont construits en blocage de moellons avec parements réguliers en petit appareil (opus vittatum) et chaînages d'angle en moellons de plus grand module; des terres cuites architecturales renforcent les arcs et sont utilisées pour les parties basses au contact des praefurnia et pour la piscine chaude. L'absence d'alternance TCA‑moellons dans les parements plaide en faveur d'une construction antérieure au IIe siècle. Les décors intérieurs ont disparu, à l'exception de dalles calcaires revêtant le fond et les parois de la piscine froide, posées sur un mortier au tuileau assurant l'étanchéité; des témoignages anciens évoquent un « bassin en stuc rougeâtre » pour la piscine chaude.

La couverture reste hypothétique: les salles chauffées nécessitent des voûtes maçonnées qui retiennent chaleur et humidité et l'abside de la piscine froide est probablement couverte en cul-de-four; la manière dont une toiture s'insérait par rapport aux murs périphériques demeure débattue. L'adduction d'eau serait assurée par la « fontaine du Bus » à l'est, captée aujourd'hui pour la ville, puis par un étang régulateur et un aqueduc long d'environ 800 m avec un dénivelé de 19 m, souterrain sauf à l'approche des thermes; des vestiges de cet aqueduc, signalés au XVIIe siècle, n'ont pas été retrouvés lors des recherches récentes. L'aqueduc coupe le mur méridional du tepidarium, chemine dans une saignée et pénètre dans les thermes par le sudatorium, vraisemblablement sous la forme d'un tuyau de plomb soutenu par piliers maçonnés ou poteaux en bois. Un caniveau d'évacuation relie la piscine froide vers le bas de pente et le Merderet; la vidange de la piscine chaude a été attestée en 1695 mais détruite au XVIIIe siècle.

Enfin, la prospection géophysique de 2020 a révélé, au nord‑est du complexe, une structure d'environ 1 200 m2 évoquant une cour entourée d'un péristyle qui pourrait être une palestre, ainsi qu'un bâtiment cloisonné entre les thermes et le cardo qui pourrait dépendre de l'édifice thermal ou fonctionner comme mansio; ces aménagements restent à confirmer.

Liens externes