Frise chronologique
1859
Découverte par Ringel
Découverte par Ringel
1859 (≈ 1859)
Première identification des thermes par le pasteur.
1864
Fin des fouilles initiales
Fin des fouilles initiales
1864 (≈ 1864)
Arrêt des travaux après départ de Ringel.
1906-1911
Consolidation des vestiges
Consolidation des vestiges
1906-1911 (≈ 1909)
Travaux sous administration allemande.
16 février 1930
Classement monument historique
Classement monument historique
16 février 1930 (≈ 1930)
Protection officielle des thermes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Thermes gallo-romains (vestiges) : classement par journal officiel du 16 février 1930
Personnages clés
| Jean-Pierre Eugène Ringel - Pasteur et archéologue |
Découvreur et premier fouilleur des thermes (1859-1864). |
| Jean-Daniel Schoepflin - Historien |
Mentionne des tombeaux antiques en 1750. |
| André Jung - Archéologue |
Critique la répartition des salles thermales. |
| Jean-Jacques Hatt - Archéologue |
Découvreur du sanctuaire et mithraeum associés. |
Origine et histoire
Les thermes gallo-romains de Mackwiller, situés dans le Bas-Rhin (Grand Est), forment un ensemble thermal daté entre le IIe et le IVe siècle. Découverts en 1859 par le pasteur Jean-Pierre Eugène Ringel, ils furent partiellement fouillés jusqu’en 1864, puis consolidés entre 1906 et 1911 sous administration allemande. Leur plan initial, établi par Ringel, révèle une superficie d’environ 1 100 m2, avec des murs en moellons de grès local et calcaire, ornés de traces d’enduits colorés et de fragments de marbre. Ces vestiges, classés monuments historiques en 1930, appartenaient probablement à une villa luxueuse, dont l’emprise s’étendait sous l’actuel village.
Le site est associé à d’autres structures antiques (un mausolée, un mithraeum et un bâtiment non identifié), suggérant un domaine aristocratique lié aux Médiomatriques, peuple gaulois de la Gaule belgique sous le Haut-Empire. Les fouilles du XIXe siècle, bien que pionnières, furent critiquées pour leur manque de rigueur, notamment par André Jung, qui contesta l’attribution arbitraire des salles thermales en l’absence de preuves hydrauliques. Depuis les années 1950, les recherches se concentrent sur la reconstitution de l’environnement antique, incluant la villa, le sanctuaire et le mithraeum mis au jour par Jean-Jacques Hatt.
L’histoire moderne des thermes est marquée par des périodes de négligence : après les fouilles de Ringel, les vestiges subirent pillages et dégradations jusqu’à leur consolidation au début du XXe siècle. Leur classement en 1930 permit une protection officielle, bien que leur état actuel reste peu documenté. La propriété appartient aujourd’hui au département du Bas-Rhin. Le site, situé rue de l’École, illustre l’importance des établissements thermaux dans les villae gallo-romaines, symboles de romanisation et de statut social.
Les sources écrites mentionnent dès 1750 des « tombeaux antiques » près de Mackwiller, signalés par Jean-Daniel Schoepflin dans Alsatia illustrata. Cependant, c’est Ringel qui identifia formellement les thermes, livrant une description détaillée dans un rapport de 1860. Les matériaux retrouvés (clous, enduits polychromes, éléments en porphyre) attestent d’un décor soigné, typique des élites locales. Malgré les lacunes archéologiques, le site reste un témoignage majeur de l’occupation romaine en Alsace, intégré au Digital Atlas of the Roman Empire et à la base Mérimée.