Frise chronologique
1905
Création du *Baiser*
Création du *Baiser*
1905 (≈ 1905)
Première version sculptée par Brâncuși.
1910
Installation sur la tombe
Installation sur la tombe
1910 (≈ 1910)
Commande pour Tatiana Rachewskaïa, suicidée.
2005
Début de la controverse
Début de la controverse
2005 (≈ 2005)
Héritiers contactés, valeur estimée à 50M$.
2010
Classement monument historique
Classement monument historique
2010 (≈ 2010)
Tombe et sculpture déclarées *« immeuble insécable »*.
2021
Arrêt définitif du Conseil d’État
Arrêt définitif du Conseil d’État
2021 (≈ 2021)
Confirmation de l’indivisibilité de l’ensemble.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Constantin Brâncuși - Sculpteur |
Auteur du *Baiser*, installé sur la tombe. |
| Tatiana Rachewskaïa - Défunte |
Étudiante ukrainienne, suicidée en 1910. |
| Ministère de la Culture - Institution publique |
Classe la tombe *« trésor national »* en 2010. |
| Conseil d’État - Juridiction suprême |
Confirme l’indivisibilité en 2021. |
Origine et histoire
La tombe de Tania Rachevskaïa, située dans le cimetière du Montparnasse à Paris (14e arrondissement), est ornée de Le Baiser (1905), une sculpture en pierre de Constantin Brâncuși. Cette œuvre, la plus grande de la série Le Baiser (90 cm), représente deux amants enlacés en un bloc monolithe, symbolisant l’union éternelle. Commandée comme stèle funéraire pour Tatiana Rachewskaïa, une étudiante ukrainienne suicidée en 1910, elle fut installée par Brâncuși, alors disciple méconnu de Rodin, pour 200 francs. Unique version en taille directe et complète (pieds à tête), elle tomba dans l’oubli avant de devenir un enjeu patrimonial majeur.
Le Baiser fut créé en 1905, avant la commande funéraire, comme première d’une série de quarante variantes. Brâncuși en épura progressivement les formes, mais cette version parisienne reste la seule conçue pour un contexte memorial. La stèle, signée par l’artiste et gravée de l’épitaphe « à la chère aimable chérie », forme avec la sculpture un « immeuble par nature », selon le Conseil d’État (2021). Ce statut juridique, confirmé après 15 ans de litiges, interdit toute séparation de l’œuvre et de la tombe, classée monument historique en 2010.
La controverse éclate en 2005 quand un marchand d’art contacte les six héritiers ukrainiens de Rachewskaïa, ignorants de leur propriété. Informés de la valeur estimée à 50 millions de dollars, ils réclament un certificat d’export pour vendre Le Baiser. Le ministère de la Culture refuse, classant l’œuvre « trésor national » et « insécable » de son socle. Malgré un arrêt de la cour d’appel de Paris (2020) favorable aux héritiers, le Conseil d’État tranche définitivement en 2021 : la sculpture, la stèle et la tombe constituent un « ensemble indivisible ». Aujourd’hui, Le Baiser est protégé par un caisson bois, une alarme et trois caméras.
La tombe se situe dans la division 22 du cimetière du Montparnasse, près du boulevard Raspail (angle rue Émile-Richard). Accessible depuis la station de métro Raspail, elle incarne à la fois un chef-d’œuvre de l’art moderne et un symbole des tensions entre patrimoine, droit de propriété et marché de l’art. Brâncuși y exprime une vision universelle de l’amour, comme l’atteste sa déclaration : « J’ai voulu évoquer [...] tous les couples du monde qui ont connu l’amour avant de quitter la vie. »