Origine et histoire de la Tombe du Facteur Cheval
La tombe du Facteur Cheval, située dans le cimetière communal de Hauterives (Drôme), est l’œuvre funéraire autoconstruite par Ferdinand Cheval entre 1912 et 1920. Classée monument historique en 2011, elle abrite les restes du facteur, de son épouse Marie Philomène Richaud et de leur fille Alice. Ce « Tombeau du silence et du repos sans fin », plus modeste que son Palais idéal, en reprend le style architectural naïf, avec des façades sud et est ornées de ciment sculpté, de pierres et de coquillages. Une croix et les lettres J-M-J (Jésus-Marie-Joseph) y marquent une rare référence chrétienne.
À l’origine, Cheval souhaitait être inhumé dans son Palais idéal, mais la législation française l’en empêcha. Après la mort de sa fille en 1894, il adapte son projet en une chapelle funéraire, qu’il déplace en 1914 dans le cimetière d’Hauterives. Il y travaille huit ans, jusqu’à ses 86 ans, achevant en 1922 ce tombeau « plus chargé et spontané » que ses autres œuvres. Inhumé en 1924, son héritage est aujourd’hui géré par la commune, qui a rendu sa concession perpétuelle en 1994 pour préserver ce patrimoine touristique et culturel.
Le tombeau s’inscrit dans un ensemble de trois monuments classés de Cheval, avec le Palais idéal (1879–1912) et la Villa Alicius. Situé au sud du bourg, près de la Galaure, il illustre la dernière période créative de l’artiste, plus abstraite et libre. Son accès, libre aux heures d’ouverture du cimetière, permet d’admirer les motifs inspirés de son palais, comme les architectures miniatures et les décors coquilliers. La commune, reconnaissante de ce legs, en assure désormais la conservation et la valorisation.
Les façades sud et est, les plus remarquables, contrastent avec la sobriété relative du reste du cimetière rural. Cheval y mêle symboles personnels et références égyptiennes, tout en intégrant une croix pour respecter les conventions funéraires locales. Le tombeau, propriété communale depuis sa création, incarne à la fois l’audace artistique d’un autodidacte et l’attachement d’Hauterives à son patrimoine, source de rayonnement économique et culturel.