Frise chronologique
1823
Recherche d'un lieu d'inhumation
Recherche d'un lieu d'inhumation
1823 (≈ 1823)
Chateaubriand cherche une île pour sa tombe.
1828
Premier refus municipal
Premier refus municipal
1828 (≈ 1828)
Demande rejetée pour sa « vie publique ».
1831
Intervention de La Morvonnais
Intervention de La Morvonnais
1831 (≈ 1831)
Poète malouin relance le projet.
1838
Achèvement du tombeau
Achèvement du tombeau
1838 (≈ 1838)
Construction terminée dix ans avant sa mort.
1944
Dommages pendant la guerre
Dommages pendant la guerre
1944 (≈ 1944)
Obus brise la pierre et la rambarde.
1954
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1954 (≈ 1954)
Protection officielle du tombeau et de l’îlot.
2023
Étude contre l'érosion
Étude contre l'érosion
2023 (≈ 2023)
Municipalité commande une expertise pour conservation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tombeau de Chateaubriand et ensemble de l'ilôt du Grand Bé : classement par arrêté du 24 novembre 1954
Personnages clés
| François-René de Chateaubriand - Écrivain et homme politique |
Propriétaire du tombeau, inhumé sur place en 1848. |
| Hippolyte de La Morvonnais - Poète malouin |
Intervient pour obtenir l’autorisation en 1831. |
| Louis Hovius - Maire de Saint-Malo |
Accorde la concession en 1831. |
| Raymond Cornon - Architecte des Monuments historiques |
Restaure le tombeau en 1944. |
| Gustave Flaubert - Écrivain admirateur |
S’y recueille et l’évoque dans un récit. |
| Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre - Écrivains critiques |
Expriment leur mépris lors d’une visite. |
Origine et histoire
Le tombeau de Chateaubriand est érigé sur l’îlot du Grand Bé, à Saint-Malo, selon la volonté de l’écrivain François-René de Chateaubriand (1768–1848), né dans cette ville. Il souhaitait reposer « éternellement tourné vers la mer et la tempête », comme il l’exprima dans ses écrits. Dès 1823, il cherche un lieu isolé pour son inhumation, mais sa demande initiale en 1828 est refusée par le conseil municipal de Saint-Malo, invoquant des raisons liées à sa « vie publique et privée ».
C’est grâce à l’intervention du poète malouin Hippolyte de La Morvonnais en 1831 que le projet aboutit. Le conseil municipal, sous la pression de ce dernier et du nouveau maire Louis Hovius, accepte finalement la concession à condition d’un accord avec le ministre de la Guerre. Le tombeau est achevé en 1838, dix ans avant la mort de Chateaubriand, sur la pointe ouest du Grand Bé. Il est conçu sans inscription, selon son vœu, avec une simple plaque anonyme en arrière-plan : « Un grand écrivain français a voulu reposer ici pour n'y entendre que la mer et le vent. »
Le monument, initialement entouré de rambardes néogothiques, subit des dommages en 1944 lorsqu’un obus brise un angle de la pierre tombale. L’architecte Raymond Cornon, chargé des Monuments historiques, restaure alors le site en supprimant un côté de la rambarde pour « prolonger le dialogue avec la mer ». Dès 1924, l’érosion menace le tombeau, mais malgré des études (dont une commandée en 2023 par la municipalité), il reste à son emplacement d’origine. Aujourd’hui, l’accès complet au monument est interdit en raison de l’effritement des falaises.
Le site inspire plusieurs figures littéraires : Flaubert, admirateur de Chateaubriand, s’y recueille et l’évoque dans Par les champs et par les grèves. À l’inverse, Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre expriment leur mépris lors d’une visite, ce dernier allant jusqu’à uriner sur la tombe. Une anecdote linguistique lie aussi le lieu à son nom : Bé signifierait « tombe » en breton, bien que Chateaubriand affirme dans ses Mémoires d’outre-tombe avoir « bien choisi sans le savoir ».