Tombeau de Turpio à Lyon à Lyon 5ème dans le Rhône
Patrimoine classéVestiges Gallo-romainTombeau
Tombeau de Turpio à Lyon
Place Eugène Wernert
69005 Lyon 5ème
69000 Lyon, Place Eugène Wernert
Frise chronologique
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
…
1800
1900
2000
Ier siècle avant notre ère
Construction du tombeau
Construction du tombeau Ier siècle avant notre ère (≈ 150)
Érection du tombeau de Turpio, mausolée romain en l'honneur d'un affranchi influent de Lugdunum.
1885
Découverte du monument
Découverte du monument 1885 (≈ 1885)
Découverte du tombeau de Turpio lors de travaux de déblaiement dans le quartier Saint-Just de Lyon.
12 août 1905
Classement historique
Classement historique 12 août 1905 (≈ 1905)
Le tombeau de Turpio est classé au titre des monuments historiques par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Turpio
Affranchi et membre des Seviri Augustales, commanditaire du mausolée
Seviri Augustales
Collège de prêtres responsables du culte de Rome et d'Auguste
Inconnus
Architectes et artisans ayant réalisé le tombeau en pierre du Midi
Origine et histoire du Tombeau de Turpio
Le tombeau de Turpio est un mausolée romain datant du Ier siècle avant notre ère, érigé en l'honneur d'un riche affranchi nommé Turpio, membre du collège des Seviri Augustales. Ce monument funéraire fait partie d'un ensemble de dix tombeaux découverts en 1885 dans le quartier Saint-Just de Lyon, lors de travaux de déblaiement. Turpio, ancien esclave affranchi, a gravi les échelons sociaux pour devenir un personnage influent de Lugdunum, la capitale des Gaules sous l'Empire romain.
Le tombeau de Turpio se distingue par son architecture soignée, réalisée en "pierre du Midi", un calcaire burdigalien tendre et de qualité, couramment utilisé à Lugdunum durant la première moitié du Ier siècle. Le monument, aujourd'hui conservé, forme un bloc carré en grand appareil, posé sur un podium en débordement. Chaque angle est sculpté en pilastre cannelé surmonté d'un chapiteau ionique, évoquant une structure plus légère, peut-être une colonnade abritant une statue du défunt. La base mesure 3,93 mètres de côté pour une hauteur conservée de 5,80 mètres, avec une frise et une corniche partiellement préservées.
La dédicace gravée sur la face sud-est du tombeau révèle des informations précieuses sur son commanditaire. Turpio, affranchi et membre des Seviri Augustales, était responsable du culte de Rome et d'Auguste. Son surnom moqueur "le Honteux" rappelle son statut d'esclave avant son ascension sociale. Les inscriptions, gravées en grandes lettres capitales, suggèrent une datation aux débuts de Lugdunum, avant l'ère chrétienne. Les noms des affranchis associés à Turpio sont gravés en plus petits caractères, témoignant de leur rôle dans la société romaine.
Le tombeau de Turpio est l'un des mieux conservés parmi les cinq mausolées reconstruits place Eugène-Wernert. Les autres vestiges ont été détruits lors des travaux du XIXe siècle. Ce monument illustre l'importance des nécropoles antiques bordant la voie romaine reliant Lugdunum à l'Aquitaine et à Boulogne. Il témoigne également de la prospérité et de la diversité sociale de Lugdunum, où les affranchis pouvaient atteindre des positions honorables.
Classé au titre des monuments historiques par arrêté du 12 août 1905, le tombeau de Turpio est aujourd'hui accessible au public. Il constitue un témoignage précieux de l'architecture funéraire romaine et de l'histoire sociale de Lyon antique. Son étude permet de mieux comprendre les pratiques funéraires et les hiérarchies sociales sous l'Empire romain.