Découverte du tombeau 1885 (≈ 1885)
Travaux de déblaiement à Saint-Just.
12 août 1905
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 12 août 1905 (≈ 1905)
Protection des tombeaux de Trion.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Quintus Calvius Turpio - Affranchi et sévir augustal
Défunt honoré par le tombeau.
Regilus, Chresimus, Murranus, Donatus, Chrestus - Affranchis de Turpio
Commanditaires du monument per testamentum.
Origine et histoire
Le tombeau de Turpio est un monument funéraire romain découvert en 1885 dans le quartier Saint-Just de Lyon, lors de travaux de déblaiement. Il fait partie d’un ensemble de dix tombeaux bordant l’ancienne voie romaine reliant Lugdunum (Lyon) à l’Aquitaine et à Boulogne. Cinq de ces mausolées, dont celui de Turpio, furent démontés et reconstruits place Eugène-Wernert pour leur préservation.
Le mausolée de Turpio, le mieux conservé de l’ensemble, se présente comme un bloc carré en grand appareil (3,93 m de côté, 5,80 m de hauteur), posé sur un podium. Ses angles sont ornés de pilastres cannelés surmontés de chapiteaux ioniques, et une frise subsiste sur l’une des faces. Construit en pierre du Midi (calcaire burdigalien), ce matériau était courant à Lugdunum au début du Ier siècle avant d’être remplacé par la pierre de Seyssel. Les archéologues supposent qu’il supportait une superstructure légère, peut-être une colonnade abritant la statue du défunt.
Une dédicace gravée sur la face sud-est révèle l’identité du défunt : Quintus Calvius Turpio, affranchi de la tribu Palatina et membre des Seviri augustales, un collège responsable du culte impérial. Ce statut marquait l’aboutissement d’une ascension sociale remarquable pour un ancien esclave, malgré son surnom moqueur (Turpio, « le Honteux »). Le tombeau fut érigé par ses affranchis (Regilus, Chresimus, Murranus, Donatus, Chrestus) conformément à son testament. La typographie de l’inscription, avec ses capitales archaïques, suggère une datation antérieure à l’ère chrétienne, bien que Monumentum indique une construction au IIe siècle.
Classé Monument Historique par arrêté du 12 août 1905, le tombeau est aujourd’hui situé place de Coulans (Lyon 5e), près de la montée de Choulans. Il témoigne de l’importance des nécropoles romaines aux abords de Lugdunum, alors capitale des Gaules, et de la richesse des affranchis dans la société provinciale. Les autres vestiges de l’ensemble funéraire de Trion, non conservés, furent détruits lors des travaux du XIXe siècle.