Origine et histoire de la Tour Balhan
La tour Balhan, située à Château-Thierry dans l’Aisne, est le seul vestige d’un édifice médiéval nommé Fort Saint-Jacques, probablement un logis seigneurial ou un ouvrage défensif. À la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, elle fut transformée en hôtel communal ou particulier, l’Hôtel du Mouton d’Or. Sa structure actuelle, avec ses échauguettes et son clocher, date de cette période. Les bâtiments adjacents disparurent au XIXe siècle et lors de la Première Guerre mondiale, laissant la tour isolée.
À l’intérieur, un escalier à vis en cage octogonale desservait autrefois deux logis disparus. La tour abrite aussi un oratoire au décor sculpté conservé et une cloche de 1520, offerte par le notable Jehan Balhan, qui lui donna son nom. Cette cloche, destinée à un usage municipal, symbolise le lien entre la tour et la vie civique de Château-Thierry. Après des dommages durant la Première Guerre mondiale, la tour fut restaurée et inscrite aux monuments historiques en 1926.
Initialement conçue comme un donjon du Fort Saint-Jacques, la tour Balhan servit aussi de beffroi municipal. Son clocheton, ajouté postérieurement, remplace une fonction originelle de tour de guet. Une gravure du XVIe siècle montre deux tours accolées avec des toits à quadruple pente, suggérant une structure plus complexe à l’époque. La chapelle interne, voûtée d’ogives, fut utilisée jusqu’à la Révolution, tandis que la charpente fut refaite en 1740.
La paternité de la tour est parfois attribuée à Antoine le Bâtard de Bourgogne, fils de Philippe le Bon, qui reconstruit aussi les églises Saint-Martin et Saint-Crépin de la ville. Cependant, la cloche de 1520, financée par Jehan Balhan, reste l’élément le plus documenté. Les restaurations du XIXe et XXe siècles, notamment après 1918, ont préservé ce témoin de l’architecture civile médiévale et de son évolution vers un usage communal.
Aujourd’hui, la tour Balhan se dresse rue du Pont à Château-Thierry, propriété de la commune. Son escalier mène à une ancienne chapelle gothique et à une chambre de guet, tandis que son campanile, rénové en 1997, domine la ville. Le monument illustre la transition entre une fonction défensive médiévale et un rôle symbolique urbain, marqué par sa cloche et son horloge ajoutée en 1874.