Pont de Louis IX 1240 (≈ 1240)
Construction d’un pont sur pilotis
1270
Premier mention du pont
Premier mention du pont 1270 (≈ 1270)
Acte citant le « pont de la Carbonnière »
1346
Première citation de la tour
Première citation de la tour 1346 (≈ 1346)
Décrite comme « clé du royaume »
fin XIIIe siècle
Construction de la tour
Construction de la tour fin XIIIe siècle (≈ 1395)
Poste avancé des remparts d’Aigues-Mortes
1562
Prise par les Huguenots
Prise par les Huguenots 1562 (≈ 1562)
Victoire protestante à Saint-Gilles
1622
Siège du duc de Rohan
Siège du duc de Rohan 1622 (≈ 1622)
Échec avec 4 000 hommes
1810
Fin de son rôle défensif
Fin de son rôle défensif 1810 (≈ 1810)
Cédée à la ville d’Aigues-Mortes
1859
Restauration
Restauration 1859 (≈ 1859)
Travaux approuvés par le ministre
1889 et 1903
Classement monument historique
Classement monument historique 1889 et 1903 (≈ 1903)
Protection officielle de l’État
2014
Intégration au Grand Site
Intégration au Grand Site 2014 (≈ 2014)
Camargue gardoise reconnue
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La tour : classement par liste de 1889 et par arrêté du 1er décembre 1903
Personnages clés
Louis IX (Saint Louis) - Roi de France
Commanditaire du pont en 1240
Charles VII - Roi de France
Règne associé à un péage
Duc de Rohan - Chef huguenot
Assiège la tour en 1622
Moines de Psalmody - Gardiens initiaux
Géraient péage et entretien
Origine et histoire de la Tour Carbonnière
La tour Carbonnière est une tour de guet construite à la fin du XIIIe siècle pour protéger la ville fortifiée d'Aigues-Mortes, dans le Gard. Elle se dresse au milieu des marais, entre le Vistre et le canal du Rhône à Sète, sur l’ancienne route reliant Saint-Laurent-d’Aigouze à Aigues-Mortes. Son nom pourrait provenir du « pont de la Carbonnière », mentionné en 1270, ou d’un fonctionnaire percevant des droits de péage au XVe siècle. Les pierres, identiques à celles des remparts d’Aigues-Mortes, en font un poste avancé stratégique.
Vers 1240, Louis IX (Saint Louis) y fait construire un pont sur pilotis pour traverser la Vistre, alors navigable. La tour est citée en 1346 comme « la clé du royaume en cette contrée », car elle contrôlait l’accès à Aigues-Mortes. Gérée initialement par les moines de l’abbaye de Psalmody, elle servait de point de péage, avec des exemptions pour certains groupes jusqu’en 1409. Une garnison (un châtelain et des gardes) y était stationnée, et sa terrasse pouvait accueillir quatre pièces d’artillerie.
Aux XVIe et XVIIe siècles, la tour devient un enjeu durant les guerres de Religion. Prise par les Huguenots en 1562, elle est cédée à eux en 1576 avec Aigues-Mortes comme place de sûreté. En 1622, le duc de Rohan échoue à la conquérir malgré 4 000 hommes et 3 canons. La tour reste un ouvrage défensif jusqu’en 1810, avant d’être cédée à la ville d’Aigues-Mortes en 1819. Menacée de démolition en 1825 et 1870, elle est finalement restaurée en 1859.
Classée monument historique en 1889 et 1903, la tour est aujourd’hui propriété de Saint-Laurent-d’Aigouze. Sa terrasse offre une vue panoramique sur la Petite Camargue, du mont Ventoux au pic Saint-Loup. Un sentier accessible aux fauteuils roulants a été aménagé dans les marais environnants. Elle fait partie depuis 2014 du Grand Site de France de la Camargue gardoise.
Architecturalement, la tour rectangulaire (16 m de haut) est construite en pierres de taille à bossage, comme les remparts d’Aigues-Mortes. La route passait autrefois sous ses arches, protégées par des herses et des mâchicoulis. Le premier étage abritait une salle de garde voûtée, tandis que la plate-forme supérieure, dotée d’embrasures pour canons et d’échauguettes, servait à la surveillance. Certaines modifications (parapet, échauguettes) datent de restaurations ultérieures.