Frise chronologique
VIIe siècle
Fondation initiale
Fondation initiale
VIIe siècle (≈ 750)
Monastère fondé par saint Winoc près de Wormhout.
vers 900
Refondation à Bergues
Refondation à Bergues
vers 900 (≈ 900)
Baudouin II de Flandre transfère les reliques.
1022
Abbaye bénédictine
Abbaye bénédictine
1022 (≈ 1022)
Fondation officielle par Baudouin IV de Flandre.
1083
Incendie destructeur
Incendie destructeur
1083 (≈ 1083)
Abbaye et ville ravagées par un feu.
1558
Pillage français
Pillage français
1558 (≈ 1558)
Destruction partielle lors du siège de Bergues.
1793
Destruction révolutionnaire
Destruction révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Rasement de l’abbaye, sauf deux tours.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte à l'entrée du Champ de Mars : inscription par arrêté du 23 décembre 1926 ; Tour Bleue : inscription par arrêté du 23 décembre 1926 ; Tour polygonale : inscription par arrêté du 19 août 1946
Personnages clés
| Saint Winoc - Fondateur et saint patron |
Moine breton, évangélisateur de la Flandre. |
| Baudouin II de Flandre - Comte de Flandre |
Refonda l’abbaye à Bergues vers 900. |
| Baudouin IV de Flandre - Comte de Flandre |
Fonda l’abbaye bénédictine en 1022. |
| Philippe le Hardi - Duc de Bourgogne |
Restaura l’abbaye après 1383. |
| Alger - Abbé (XIIe siècle) |
Reconstruisit l’église après l’incendie de 1125. |
| Louis-Philippe d’Orléans - Duc de Chartres |
Visita l’abbaye en 1741. |
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Winoc, fondée au VIIe siècle par saint Winoc sur des terres données par Hérémard près de Wormhout, fut détruite par les raids vikings. Refondée vers 900 par Baudouin II de Flandre à Bergues, elle devint un monastère bénédictin riche et influent au XIe siècle, lié à l’ordre de Saint-Benoît et au diocèse d’Ypres. Ses reliques, dont celles de saint Winoc, y furent transférées, et l’abbaye bénéficia de dons des comtes de Flandre, comme Baudouin IV en 1022.
Au fil des siècles, l’abbaye connut plusieurs incendies (1083, 1125, 1558) et reconstructions, notamment grâce à l’aide de l’abbaye de Saint-Bertin et des comtes de Flandre. Elle accumula des possessions territoriales et des privilèges, devenant un centre religieux et économique majeur. En 1383, elle fut pillée lors de la croisade contre l’antipape Clément VII, puis restaurée par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Malgré les destructions, elle conserva son prestige jusqu’à la Révolution française.
La Révolution marqua la fin de l’abbaye : ses biens furent vendus en 1790, sa châsse détruite, et ses bâtiments rasés en 1793, à l’exception de deux tours conservées comme amers pour les marins. La Tour Carrée, vestige du XIIe siècle, et la tour polygonale (reconstruite en 1813) furent classées Monuments historiques en 1926 et 1946. Aujourd’hui, ces ruines rappellent son passé glorieux et son rôle dans l’histoire flamande.
Saint Winoc, figure centrale, était un moine breton venu évangéliser la région au VIIe siècle. Selon la légende, il se retira sur le « Groenberg » (actuelle Bergues) avec des compagnons, fondant un monastère détruit par les Normands. Ses reliques, transférées à Bergues au Xe siècle, firent de l’abbaye un lieu de pèlerinage. D’autres saints, comme Oswald et Lévinne, y furent également vénérés, renforçant son rayonnement spirituel.
L’abbaye entretenait des liens étroits avec les comtes de Flandre, qui lui octroyèrent terres, dîmes et privilèges (justice, exemption de taxes). Baudouin V de Flandre, en 1067, lui accorda des biens à Zuydcoote et des droits seigneuriaux. Plus tard, Philippe d’Alsace (1183) et Louis de Male (XIVe siècle) confirmèrent ses avantages. Ces protections permirent son expansion, malgré les conflits et les pillages (guerres de Religion, invasions françaises).
Architecturalement, l’abbaye combinait pierre calcaire et brique, avec une église à trois vaisseaux et un chœur ogival construit au XIIIe siècle. Les deux tours survivantes — la Tour Bleue (XIIe-XIVe siècles) en grès et brique, et la tour polygonale (reconstruite en 1813) — illustrent son évolution stylistique. La destruction révolutionnaire effaça la plupart de ses trésors : une bibliothèque de 480 pages, des objets liturgiques en or, et des tableaux, aujourd’hui disparus.