Frise chronologique
1096
Première mention écrite
Première mention écrite
1096 (≈ 1096)
Site fortifié sous le comte de Toulouse.
1229
Devenue châtellenie royale
Devenue châtellenie royale
1229 (≈ 1229)
Intégration à la sénéchaussée de Beaucaire.
XIIe siècle
Construction de la tour
Construction de la tour
XIIe siècle (≈ 1250)
Période de fortification comtale.
1577
Prise pendant les guerres de Religion
Prise pendant les guerres de Religion
1577 (≈ 1577)
Occupation par les protestants.
1590
Siège de six mois
Siège de six mois
1590 (≈ 1590)
Commandé par le capitaine Blondeau.
1626
Construction d’une digue
Construction d’une digue
1626 (≈ 1626)
Protection contre les crues du Rhône.
1957
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1957 (≈ 1957)
Reconnaissance patrimoniale officielle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour carrée (cad. M 9) : inscription par arrêté du 31 mai 1957
Personnages clés
| Raymond VI - Comte de Toulouse |
Commanditaire des fortifications initiales. |
| Capitaine Blondeau - Chef militaire protestant |
Dirigea le siège de 1590. |
| Saint Louis - Roi de France |
Intégra Roquemaure au domaine royal. |
Origine et histoire
La tour carrée de Roquemaure, mentionnée dès 1096, fut édifiée au XIIe siècle sous l’impulsion du comte de Toulouse Raymond VI. Ce site stratégique, dominant un verrou du Rhône entre Roquemaure et le château de l’Hers, devint une châtellenie royale au XIIIe siècle après la croisade contre les Albigeois, intégrée à la sénéchaussée de Beaucaire-Nîmes. La forteresse, placée sous l’autorité d’un châtelain, abritait garnison et officiers royaux, soulignant son importance militaire et commerciale.
Durant les guerres de Religion, la tour joua un rôle clé : prise en 1577, elle résista à un siège de six mois en 1590 sous le capitaine Blondeau. Après sa reddition, une digue fut construite en 1626 pour la protéger des crues du Rhône. Des fortifications médiévales, seule subsiste aujourd’hui cette tour carrée, juchée sur une aiguille rocheuse, ainsi que les vestiges d’une chapelle castrale romane située à quelques mètres à l’est.
Le site, inscrit aux Monuments Historiques en 1957, illustre l’architecture défensive médiévale et l’histoire mouvementée de Roquemaure, marquée par les conflits religieux et son rôle de verrou fluvial. La tour, avec ses murs épais et sa position dominante, rappelle l’importance stratégique du lieu, à la croisée des routes commerciales entre Provence et Languedoc, et son lien avec les pouvoirs comtal puis royal.
À proximité, la chapelle castrale, aujourd’hui en ruines, témoigne de la vie spirituelle du château. Son existence confirme que le site abritait une communauté permanente, incluant soldats, officiers et peut-être leurs familles. La tour, avec ses vestiges adjacents, offre un aperçu rare des fortifications rhodaniennes médiévales, avant leur déclin progressif à partir du XVIe siècle.
L’histoire de la tour est indissociable de celle du Rhône, dont les crues répétées ont façonné le paysage et menacé les constructions. La digue de 1626, bien que tardive, souligne les efforts pour préserver ce symbole du pouvoir royal dans une région souvent disputée. Aujourd’hui, la tour carrée reste un marqueur identitaire de Roquemaure, lien tangible entre son passé médiéval et son présent viticole et touristique.