Frise chronologique
vers 1250-1275
Construction de la tour
Construction de la tour
vers 1250-1275 (≈ 1263)
Phase unique en brique, troisième quart du XIIIe siècle
1295
Inventaire de Gausbert de Lalo
Inventaire de Gausbert de Lalo
1295 (≈ 1295)
Première mention écrite possible de la tour
1562
Pillage de Caussade
Pillage de Caussade
1562 (≈ 1562)
Destruction de l'église par les protestants
1570
Tour utilisée comme lieu de culte
Tour utilisée comme lieu de culte
1570 (≈ 1570)
Messes catholiques pendant les guerres de Religion
1989
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1989 (≈ 1989)
Protection officielle de l'édifice et des peintures
1997-1999
Restauration majeure
Restauration majeure
1997-1999 (≈ 1998)
Travaux dirigés par Régis Martin, architecte en chef
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour d'Arlet, y compris les peintures murales (cad. AC 191) : classement par arrêté du 23 novembre 1989
Personnages clés
| Gausbert de Lalo - Propriétaire présumé |
Famille patricienne ayant construit la tour (XIIIe siècle) |
| Famille d'Arles (ou Arlet) - Propriétaire éponyme |
Donne son nom à la tour au XVIIe siècle |
| Symphorien de Durfort - Chef protestant |
Pille Caussade en 1562 pendant les guerres de Religion |
| Maximilien de Béthune, duc de Sully - Baron de Caussade |
Propriétaire de la tour au XVIIe siècle |
| Régis Martin - Architecte en chef |
Dirige la restauration (1997-1999) |
Origine et histoire
La tour d'Arlet, aussi appelée tour d'Arles, est une maison-tour médiévale construite dans le troisième quart du XIIIe siècle à Caussade, en Tarn-et-Garonne. Ce monument en brique, de plan sub-rectangulaire (8 m x 11 m), se distingue par ses façades ostentatoires ornées de baies géminées et ses décors peints intérieurs. Elle était initialement composée de trois niveaux : un rez-de-chaussée utilitaire et deux étages habitables, reliés par un escalier en bois. La tour était située contre la première enceinte de la ville, à proximité de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption.
Selon les archives, la construction est attribuée à la famille de Lalo, une lignée patricienne locale. Un inventaire de 1295, après la mort de Gausbert de Lalo, mentionne une « maio près de la porte Estivenque » correspondant probablement à cette tour. Au XVe siècle, la propriété passe à la famille Castanède, puis à la famille d'Arles (ou Arlet), qui lui donne son nom actuel. La tour servit de lieu de culte catholique pendant les guerres de Religion, lorsque l'église fut détruite en 1570.
Classée Monument Historique en 1989, la tour a fait l'objet de restaurations majeures entre 1997 et 1999, révélant ses peintures murales des XIIIe et XIVe siècles. Ces décors, incluant des faux appareils, des motifs géométriques et une scène de tournoi, témoignent du statut aristocratique de ses propriétaires. Les fouilles archéologiques ont confirmé une construction en une phase unique, hormis la partie supérieure ajoutée ultérieurement. La tour conserve aujourd’hui ses dispositions médiévales malgré des modifications aux XVIIe et XVIIIe siècles.
La tour d'Arlet est un rare exemple de maison-tour civile du Midi de la France, illustrant l’urbanisation des bourgs occitans au XIIIe siècle. Son architecture reflète à la fois une fonction défensive, avec des murs épais (85-90 cm à la base), et un désir d’ostentation, visible dans ses ouvertures soignées et ses décors intérieurs. Les peintures, restaurées en 2009, offrent un aperçu des techniques artistiques médiévales dans la région.
Le bâtiment est aujourd’hui propriété de la commune de Caussade. Son histoire est documentée par des études archéologiques, notamment celles menées par le bureau Hadès en 1995, et des sources d’archives comme les compoix (cadastre ancien) de 1535 et 1640. Ces documents révèlent que la tour faisait partie d’un ensemble de maisons-fortes alignées le long de la première enceinte, dont il ne subsiste que quelques vestiges.