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Tour d'Estrepouy à Gazaupouy dans le Gers

Patrimoine classé Patrimoine défensif Tour

Tour d'Estrepouy

    D931
    32480 Gazaupouy
Propriété privée
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1279
Traité d’Amiens
fin XIIIe - début XIVe siècle
Construction de la tour
XVIe siècle
Ajout de la tourelle
23 novembre 1982
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tour d'Estrepouy (cad. A 122) : classement par arrêté du 23 novembre 1982

Personnages clés

Philippe Lauzun - Historien A évoqué l’hypothèse d’une *ligne de front*.
Jacques Gardelles - Historien moderne A contesté la théorie de Lauzun.

Origine et histoire

La tour d’Estrepouy est une construction des XIIIe et XIVe siècles, édifiée dans le hameau d’Estrepouy, sur la commune de Gazaupouy (Gers), en région Occitanie. Son nom apparaît parfois sous la graphie Estrépouy, reflétant la prononciation locale. Elle se situe à environ 3 km au nord-nord-ouest du bourg, le long de la route départementale D 931. Son élévation coïncide avec une période de tensions frontalières après le traité d’Amiens (1279), qui cédait l’Agenais aux Anglais, bien que l’hypothèse d’une « ligne de front » défensive, avancée par Philippe Lauzun, ait été contestée par des historiens comme Jacques Gardelles.

La tour adopte un plan quadrilatère (10 m × 14 m) pour une hauteur d’environ 15 mètres, divisée en quatre étages, dont le dernier, sous combles, servait d’espace d’habitation. Une tourelle circulaire en encorbellement, ajoutée au XVIe siècle, abrite un escalier à vis reliant le deuxième étage au chemin de ronde. Les ouvertures (archères, baies trilobées) et les trous de boulins suggèrent l’absence de mâchicoulis, mais la présence probable de hourds en bois. Une enceinte, aujourd’hui disparue, accompagnait initialement la tour, sans pour autant former un ensemble castral justifiant son appellation erronée de donjon.

Classée monument historique par arrêté du 23 novembre 1982, la tour conserve des éléments architecturaux remarquables, comme des merlons percés d’archères cruciformes et des meurtrières. Son premier étage présente des archères, des fenêtres et des aménagements muraux (armoires), tandis que le troisième étage a préservé des baies en arc trilobé. Les modifications ultérieures, notamment l’ajout de la tourelle, témoignent de son adaptation aux besoins résidentiels et défensifs au fil des siècles.

Le contexte historique de sa construction s’inscrit dans les rivalités franco-anglaises en Gascogne, où les tours-salles comme Estrepouy servaient à la fois de points de surveillance et de résidences seigneuriales. Bien que son rôle exact dans ce conflit reste débattu, son architecture reflète les techniques de fortification locales, combinant fonctions militaires (guet, défense) et domestiques (habitat, stockage).

Liens externes