Frise chronologique
1279
Traité d’Amiens
Traité d’Amiens
1279 (≈ 1279)
L’Agenais cédé aux Anglais, contexte de construction.
fin XIIIe - début XIVe siècle
Construction de la tour
Construction de la tour
fin XIIIe - début XIVe siècle (≈ 1425)
Période présumée d’édification post-traité.
XVIe siècle
Ajout de la tourelle
Ajout de la tourelle
XVIe siècle (≈ 1650)
Escalier à vis en encorbellement ajouté.
23 novembre 1982
Classement monument historique
Classement monument historique
23 novembre 1982 (≈ 1982)
Protection officielle par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour d'Estrepouy (cad. A 122) : classement par arrêté du 23 novembre 1982
Personnages clés
| Philippe Lauzun - Historien |
A évoqué l’hypothèse d’une *ligne de front*. |
| Jacques Gardelles - Historien moderne |
A contesté la théorie de Lauzun. |
Origine et histoire
La tour d’Estrepouy est une construction des XIIIe et XIVe siècles, édifiée dans le hameau d’Estrepouy, sur la commune de Gazaupouy (Gers), en région Occitanie. Son nom apparaît parfois sous la graphie Estrépouy, reflétant la prononciation locale. Elle se situe à environ 3 km au nord-nord-ouest du bourg, le long de la route départementale D 931. Son élévation coïncide avec une période de tensions frontalières après le traité d’Amiens (1279), qui cédait l’Agenais aux Anglais, bien que l’hypothèse d’une « ligne de front » défensive, avancée par Philippe Lauzun, ait été contestée par des historiens comme Jacques Gardelles.
La tour adopte un plan quadrilatère (10 m × 14 m) pour une hauteur d’environ 15 mètres, divisée en quatre étages, dont le dernier, sous combles, servait d’espace d’habitation. Une tourelle circulaire en encorbellement, ajoutée au XVIe siècle, abrite un escalier à vis reliant le deuxième étage au chemin de ronde. Les ouvertures (archères, baies trilobées) et les trous de boulins suggèrent l’absence de mâchicoulis, mais la présence probable de hourds en bois. Une enceinte, aujourd’hui disparue, accompagnait initialement la tour, sans pour autant former un ensemble castral justifiant son appellation erronée de donjon.
Classée monument historique par arrêté du 23 novembre 1982, la tour conserve des éléments architecturaux remarquables, comme des merlons percés d’archères cruciformes et des meurtrières. Son premier étage présente des archères, des fenêtres et des aménagements muraux (armoires), tandis que le troisième étage a préservé des baies en arc trilobé. Les modifications ultérieures, notamment l’ajout de la tourelle, témoignent de son adaptation aux besoins résidentiels et défensifs au fil des siècles.
Le contexte historique de sa construction s’inscrit dans les rivalités franco-anglaises en Gascogne, où les tours-salles comme Estrepouy servaient à la fois de points de surveillance et de résidences seigneuriales. Bien que son rôle exact dans ce conflit reste débattu, son architecture reflète les techniques de fortification locales, combinant fonctions militaires (guet, défense) et domestiques (habitat, stockage).