Tour de Bois-Ruffin d'Arrou à Arrou dans l'Eure-et-Loir

Patrimoine classé Patrimoine défensif Tour

Tour de Bois-Ruffin d'Arrou

  • 729 Bois Ruffin
  • 28290 Vald'Yerre
Crédit photo : Grefeuille - Sous licence Creative Commons
Propriété privée ; propriété de la commune

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
500
600
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Ve siècle
Don à des moines
1240-1250
Construction de la forteresse
Fin du XIIe siècle
Construction de la tour
1417
Prise pendant la guerre de Cent Ans
1421
Reprise par les Français
XVIIe siècle
Construction de la chapelle
1794
Vente des biens confisqués
1924
Classement des ruines
2018
Acquisition par la commune
2024
Inscription des parties restantes
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tour de Bois-Ruffin et ses ouvrages avancés (ruines) (cad. XA) : classement par arrêté du 24 décembre 1924 ; Les parties bâties et non bâties, en totalité, soit la chapelle, la petite écurie, le logis, le puits (sur la parcelle XA 01/21) et les parties non bâties (talus, fossés, sols des parcelles 18, 20, 21, 22, 23, 25 et 26 section XA), le tout situé au lieu-dit "Bois-Ruffin" à Arrou : inscription par arrêté du 6 décembre 2024

Personnages clés

Clotilde Femme de Clovis, elle aurait fait don des terres à des moines de Chartres.
Nicolas III de la Bruyère Seigneur ayant construit la forteresse entre 1240 et 1250.
Jeanne de la Bruyère Dernière descendante de la famille de la Bruyère à posséder le domaine.
Maréchal de Boucicault Reprit la forteresse en 1421 pendant la guerre de Cent Ans.
François de Montmorency-Fosseux Propriétaire du domaine au XVIIe siècle.
Léon de Montmorency-Fosseux Fils de François, il fit construire une chapelle.
Anne Léon II de Montmorency-Fosseux Dernier propriétaire avant la confiscation révolutionnaire.
Marquise de Gontaut-Biron Racheta la propriété en 1866.
Marie-Laure Simon Petite-nièce d'Henri Lecomte, elle vendit le site à la commune en 2018.

Origine et histoire de la Tour de Bois-Ruffin

La tour de Bois‑Ruffin est un édifice fortifié situé sur l'ancienne commune d'Arrou, aujourd'hui commune déléguée de Vald'Yerre (Eure‑et‑Loir), entre Arrou et Le Gault‑du‑Perche, en bordure de la RD 111. Le site est mentionné dès le Ve siècle, lorsque Clotilde, femme de Clovis, aurait fait don de ces terres à des moines de Chartres. Le lieu était déjà fortifié au XIIe siècle ; la tour paraît avoir été élevée à la fin de ce siècle. Le plateau appartint au XIIIe siècle aux seigneurs du Perche‑Gouët, puis fut cédé aux seigneurs de la Bruyère ; la forteresse actuelle a été construite entre 1240 et 1250 par Nicolas III de la Bruyère, dont la famille conserva la propriété jusqu'à la mort de Jeanne, vers 1400. Pendant la guerre de Cent Ans, la forteresse fut prise en 1417, occupée par Bourguignons et Anglais, puis reprise par le maréchal de Boucicault en 1421. La famille d'Avaugour conserva Bois‑Ruffin jusqu'au XVIe siècle ; au XVIIe siècle François de Montmorency‑Fosseux récupéra le domaine, mais le château restait trop délabré pour être habité, bien que son fils Léon y fit construire une chapelle. Anne Léon II de Montmorency‑Fosseux s'exila en 1792 ; ses biens furent confisqués et vendus en 1794. La propriété fut rachetée en 1866 par la marquise de Gontaut‑Biron, vendue en 1922 à un fermier, et acquise en 2018 par la commune nouvelle d'Arrou pour un euro symbolique auprès de Marie‑Laure Simon, petite‑nièce d'Henri Lecomte, qui avait acheté le site en 1934. La tour et ses ouvrages avancés en ruines ont été classés au titre des monuments historiques par arrêté du 24 décembre 1924 ; la chapelle, la petite écurie, le logis, le puits et les parties non bâties du lieu‑dit « Bois‑Ruffin » ont été inscrits par arrêté du 6 décembre 2024.

La tour se dresse au fond d'une excavation en entonnoir ; elle est bâtie en grison et gros silex et était autrefois divisée en deux étages avec l'entrée au niveau du premier étage. Le remblai issu du creusement de l'entonnoir forme une terrasse circulaire dominant un fossé ; au sommet du talus subsistent les vestiges d'un mur qui rejoignait les ruines d'un ouvrage avancé commandant un pont‑levis aujourd'hui disparu. Des fossés moins larges entourent la tour et se prolongent vers le nord pour englober un espace qui accueillait autrefois corps de logis, granges et une petite chapelle en bois alors transformée en maison d'habitation. Le fossé extérieur était franchi par un pont‑levis menant à un pavillon de défense muni d'une porte à herse.

La forteresse elle‑même se compose d'une basse cour et d'un noyau fortifié. La basse cour, protégée à l'origine par une palissade, est aujourd'hui accessible par un pont ; ses bâtiments présentent peu d'intérêt, si ce n'est les ruines d'une chapelle du XVIIe siècle. Le noyau fortifié, séparé de la basse cour par un fossé rempli d'eau, comporte deux niveaux ; au centre se dresse un donjon de 19 mètres présentant quatre niveaux, dont les planchers et les escaliers intérieurs ont aujourd'hui disparu.

Liens externes