Frise chronologique
1240-1250
Construction par la Bruyère
Construction par la Bruyère
1240-1250 (≈ 1245)
Château bâti par Nicolas III
2e moitié du XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
2e moitié du XIIe siècle (≈ 1250)
Édification de la tour fortifiée
1417
Prise par les Bourguignons
Prise par les Bourguignons
1417 (≈ 1417)
Siège pendant la guerre
1421
Reprise par les Français
Reprise par les Français
1421 (≈ 1421)
Libération par Boucicault
24 décembre 1924
Classement monument historique
Classement monument historique
24 décembre 1924 (≈ 1924)
Protection de la tour et ruines
6 décembre 2024
Nouvelle inscription MH
Nouvelle inscription MH
6 décembre 2024 (≈ 2024)
Chapelle, logis et fossés protégés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour de Bois-Ruffin et ses ouvrages avancés (ruines) (cad. XA) : classement par arrêté du 24 décembre 1924 ; Les parties bâties et non bâties, en totalité, soit la chapelle, la petite écurie, le logis, le puits (sur la parcelle XA 01/21) et les parties non bâties (talus, fossés, sols des parcelles 18, 20, 21, 22, 23, 25 et 26 section XA), le tout situé au lieu-dit "Bois-Ruffin" à Arrou : inscription par arrêté du 6 décembre 2024
Personnages clés
| Clotilde - Reine des Francs |
Donatrice présumée au Ve siècle |
| Nicolas III de la Bruyère - Seigneur constructeur |
Bâtit le château (1240-1250) |
| Jeanne de la Bruyère - Dernière héritière |
Décès vers 1400, fin lignée |
| Maréchal de Boucicault - Commandant militaire |
Reprit la tour en 1421 |
| François de Montmorency-Fosseux - Propriétaire au XVIIe |
Château jugé inhabitable |
| Marie-Laure Simon - Ancienne propriétaire |
Vendit à la commune en 2018 |
Origine et histoire
La tour de Bois-Ruffin est un édifice fortifié érigé dans la 2e moitié du XIIe siècle sur l’ancienne commune d’Arrou, aujourd’hui intégrée à Vald’Yerre (Eure-et-Loir). Implantée entre Arrou et Le Gault-du-Perche, elle succède à un château plus ancien construit pour se protéger des invasions normandes. Le site, déjà fortifié au XIIe siècle, se compose d’une basse cour (autrefois protégée par une palissade) et d’un noyau central entouré de fossés en eau, dominé par un donjon de 19 mètres à quatre niveaux.
Classée monument historique en 1924, la forteresse appartient initialement aux seigneurs du Perche-Gouët, puis passe aux mains de la famille de la Bruyère au XIIIe siècle, qui la construit entre 1240 et 1250. Pendant la guerre de Cent Ans, elle est assiégée par les Bourguignons en 1417, reprise par les Français en 1421, puis transmise à la famille d’Avaugour jusqu’au XVIe siècle. Au XVIIe siècle, François de Montmorency-Fosseux en devient propriétaire, mais le château, trop délabré, n’est plus habitable. Son fils, Léon, y fait ériger une chapelle.
Confisquée pendant la Révolution après l’exil d’Anne Léon II de Montmorency-Fosseux en 1792, la forteresse est vendue en 1794. Rachatée en 1866 par la marquise de Gontaut-Biron, puis en 1922 par un fermier local, elle est finalement acquise pour un euro symbolique en 2018 par la commune d’Arrou. En décembre 2024, de nouveaux éléments (chapelle, écurie, logis, fossés) sont inscrits aux monuments historiques, complétant la protection initiale de 1924.
Architecturalement, la tour se dresse au fond d’une excavation en entonnoir, construite en grison et gros silex. Son entrée, originellement située au premier étage, surplombe un fossé franchi par un pont-levis aujourd’hui disparu. Les vestiges incluent aussi un mur relié à un ouvrage avancé commandant l’accès, ainsi que des fossés ceinturant un espace autrefois occupé par des logis, des granges et une chapelle en bois transformée en habitation.
Le site illustre l’évolution des fortifications médiévales en Centre-Val de Loire, marquées par les conflits féodaux et la guerre de Cent Ans. Son histoire reflète aussi les changements de propriété liés aux bouleversements politiques, de l’Ancien Régime à la Révolution, jusqu’à sa préservation contemporaine comme patrimoine local.