Origine et histoire de la Tour de Broue
La tour de Broue est l’un des rares vestiges d’un château fort du XIe siècle, édifié sur la colline du Puy à Saint-Sornin (Charente-Maritime). Ce promontoire de 27 mètres dominait autrefois l’ancien golfe de Brouage, avant que les marais ne se forment. À l’époque, le site abritait un port, une paroisse et une châtellenie prospère grâce au commerce du sel. Le donjon quadrangulaire, haut de 25 mètres aujourd’hui, servait d’amer pour les navires et était entouré de remparts et de fossés.
Le château est mentionné pour la première fois en 1047 dans une charte, mais son existence remonte probablement au début du XIe siècle, sous l’influence des comtes de Poitiers et d’Anjou. Au XIVe siècle, pendant la guerre de Cent Ans, il passe aux mains des Anglais avant d’être repris en 1372 par Bertrand Du Guesclin, qui y libère Isabelle de Valois, retenue prisonnière. Le site perd son intérêt stratégique au XVIIe siècle en raison de l’envasement du golfe et tombe en ruine.
La tour, construite en silex et moellons avec des contreforts plats, comportait à l’origine quatre niveaux : une prison souterraine, les logements du commandant, un corps de garde et une galerie. Aujourd’hui, seuls subsistent une moitié du donjon, des vestiges de remparts et une chapelle engloutie. Inscrite aux monuments historiques depuis 1925, la tour a été consolidée entre 1993 et 1997 grâce à une association locale. Le site, désormais mis en valeur, propose des sentiers de randonnée et un musée.
Les propriétaires successifs incluent Geoffroy Martel (1047), les seigneurs de Doë (XIIe–XIIIe siècles), puis les familles Rochefort et Pons jusqu’au XVIIe siècle. Abandonné, le château apparaît déjà en ruine sur les cartes du XVIIIe siècle. Les fouilles et protections récentes (2024) ont permis de préserver l’ensemble des vestiges, y compris les sous-sols et les parcelles environnantes.
Le donjon, symbole de la puissance féodale en Saintonge, illustre l’évolution stratégique et économique de la région, marquée par les conflits franco-anglais et le déclin des ports intérieurs. Aujourd’hui propriété communale, il attire les visiteurs pour son histoire médiévale et ses paysages de marais.
Le GR 360, sentier de grande randonnée, passe à proximité, reliant la tour à d’autres sites historiques de la région. Des aménagements (aire de pique-nique, panneaux explicatifs) facilitent la découverte de ce patrimoine classé, témoin des transformations géographiques et politiques de l’Aquitaine.