Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification de la tour ronde.
XIVe siècle
Modifications défensives
Modifications défensives
XIVe siècle (≈ 1450)
Ajout de l’enceinte et renforcement.
XVe siècle
Ajout des mâchicoulis
Ajout des mâchicoulis
XVe siècle (≈ 1550)
Corbeaux encore visibles aujourd’hui.
1949
Inscription MH
Inscription MH
1949 (≈ 1949)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour de César : inscription par arrêté du 22 août 1949
Personnages clés
| Archambaud de Comborn - Seigneur propriétaire |
Propriétaire du château de Saint-Martial. |
| Saint Yrieix - Donateur médiéval |
Fit don de terres à Allassac (VIe siècle). |
Origine et histoire
La Tour de César, située à Allassac en Corrèze, est un donjon rond du XIIe siècle, modifié au XIVe siècle. Elle est le dernier vestige de l’enceinte fortifiée du château de Saint-Martial, appartenant autrefois au seigneur Archambaud de Comborn. Construite en ardoise et gneiss, elle servait de tour de guet et de défense, avec des ouvertures en meurtrières et une échauguette sur sa face nord-ouest. Ses mâchicoulis, aujourd’hui disparus, furent ajoutés au XVe siècle, comme en témoignent les corbeaux encore visibles au sommet. La tour, haute de 30 mètres, est inscrite aux monuments historiques depuis 1949.
Allassac, alors seigneurie de l’abbaye de Saint-Martial de Limoges, se dota au XIVe siècle d’une deuxième enceinte comptant 17 tours, 8 portes et 6 châteaux. Cette fortification reflétait les tensions de l’époque, notamment pendant la guerre de Cent Ans, où l’évêque de Limoges lutta pour préserver son territoire. La tour, avec son socle carré et ses deux salles superposées, illustre l’architecture militaire limousine, rare par sa forme ronde dans la région.
La ville d’Allassac, traversée par la Vézère et la Loyre, connut un essor économique grâce à ses carrières d’ardoise dès l’Antiquité. Au Moyen Âge, elle devint une co-seigneurie partagée entre plusieurs familles, dont les Roffignac, surnommés « premiers chrétiens du Limousin ». La Tour de César, symbole de cette puissance défensive, fut intégrée à un système urbain complexe, incluant des forges et des habitations seigneuriales, comme en attestent les dons de saint Yrieix au VIe siècle.
Au fil des siècles, Allassac conserva son importance stratégique, notamment pendant les conflits religieux des XVIe et XVIIe siècles. La tour, bien que partiellement modifiée, resta un point central de la défense locale. Aujourd’hui, elle témoigne de l’histoire médiévale de la ville, liée à l’extraction de l’ardoise et aux luttes féodales en Limousin.
Le monument s’inscrit dans un patrimoine plus large, incluant d’autres vestiges comme le château de la Motte Roffignac (XIVe–XVe siècles) ou l’église fortifiée de la Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste. Ces éléments, associés aux carrières d’ardoise encore actives, soulignent le rôle historique d’Allassac comme carrefour économique et militaire en Bas-Limousin.
Enfin, la Tour de César, propriété de la commune, est un exemple remarquable d’architecture médiévale adaptée aux ressources locales (ardoise, gneiss). Son inscription en 1949 et sa préservation reflètent l’attachement à ce patrimoine, aujourd’hui mis en valeur dans le cadre du Pays d’art et d’histoire Vézère-Ardoise.