Frise chronologique
1127
Construction par Louis VI
Construction par Louis VI
1127 (≈ 1127)
Donjon royal érigé avec le château.
1358 et 1370
Destruction partielle
Destruction partielle
1358 et 1370 (≈ 1370)
Incendies pendant la guerre de Cent Ans.
XIIIe-XIVe siècles
Résidence des reines
Résidence des reines
XIIIe-XIVe siècles (≈ 1450)
Lié au douaire de Blanche de Castille.
1907
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1907 (≈ 1907)
Protection officielle des vestiges.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (vestiges) : classement par arrêté du 6 juillet 1907
Personnages clés
| Louis VI - Roi de France |
Commanditaire de la tour en 1127. |
| Blanche de Castille - Reine et régente |
Grez dépendait de son douaire. |
Origine et histoire
La tour de Ganne, construite en 1127 par Louis VI, est un ancien donjon faisant partie d’un château royal des XIIe et XIIIe siècles. Ce site fut une résidence prisée des reines de France, notamment pendant la période où Grez-sur-Loing dépendait du douaire de Blanche de Castille. Le château, largement détruit pendant la guerre de Cent Ans (incendies de 1358 et 1370), ne conserva que ce donjon comme vestige majeur.
La tour illustre l’importance stratégique de Grez-sur-Loing, alors ville fortifiée dotée de quatre portes et d’un marché influent. Après sa destruction partielle, le site perdit progressivement son rôle politique et militaire, bien que la tour, classée Monument Historique en 1907, reste un témoignage de ce passé royal. La commune, autrefois prospère, déclina économiquement après les invasions prussiennes de 1870, avant de renaître comme lieu de villégiature artistique à la fin du XIXe siècle.
Au XIXe siècle, Grez-sur-Loing attira des peintres impressionnistes et scandinaves, séduit par ses paysages et sa lumière. La tour de Ganne, symbole médiéval, contraste avec cette vocation artistique ultérieure, incarnant à la fois l’héritage militaire du Gâtinais et la transformation culturelle de la région. Aujourd’hui, elle appartient à la commune et reste un point d’intérêt historique majeur, ouvert à la visite.
Le site est par ailleurs lié à l’histoire templière locale : la commanderie de Beauvais-en-Gâtinais, située à proximité, posséda des biens dans la région jusqu’au XIIIe siècle. Bien que cette commanderie ait disparu, son existence renforce le caractère historique et médiéval de Grez-sur-Loing, complétant le récit de la tour de Ganne.
Classée parmi les vestiges les plus anciens de Seine-et-Marne, la tour de Ganne offre un aperçu de l’architecture défensive du XIIe siècle. Son état de conservation, malgré les destructions successives, permet d’étudier les techniques de construction royales de l’époque. Elle s’inscrit dans un ensemble patrimonial plus large, incluant l’église Notre-Dame-et-Saint-Laurent (XIIe siècle) et le vieux pont, tous deux protégés au titre des Monuments Historiques.
Enfin, la tour de Ganne est un marqueur de l’évolution de Grez-sur-Loing, passant d’une ville fortifiée médiévale à un village artistique, puis à une commune touristique contemporaine. Son histoire reflète les bouleversements politiques, militaires et culturels qui ont façonné l’Île-de-France et le Gâtinais depuis le Moyen Âge.