Tour de l'Ansouhaite de Moulon en Gironde

Patrimoine classé Maison forte Tour

Tour de l'Ansouhaite de Moulon

  • Le Bosc
  • 33420 Moulon
Tour de lAnsouhaite de Moulon
Tour de lAnsouhaite de Moulon
Tour de lAnsouhaite de Moulon
Tour de lAnsouhaite de Moulon
Tour de lAnsouhaite de Moulon
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Tour de lAnsouhaite de Moulon
Tour de lAnsouhaite de Moulon
Tour de lAnsouhaite de Moulon
Tour de lAnsouhaite de Moulon
Crédit photo : William Ellison - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1800
1900
2000
Avant le XIe siècle
Motte castrale
29 mai 1314
Autorisation de fortification
XIVe siècle
Construction de la tour
Fin du XVIIIe siècle
Ajout de dépendances
1er mars 1966
Inscription aux monuments historiques
Années 1970
Tentative de destruction
1981
Restauration de la tour
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tour de l'Ansouhaite (cad. AV 313) : inscription par arrêté du 1er mars 1966

Personnages clés

Édouard II Roi d'Angleterre ayant accordé la permission de fortifier la manse de Moulon.
Raymond de Grésignac Seigneur ayant obtenu la permission de fortifier sa manse et ayant probablement fait édifier la tour.
Léo Drouyn Observateur de tuiles à rebord et d'une pointe de lance sur le site de la motte castrale.

Origine et histoire de la Tour de l'Ansouhaite

La Tour de l'Ansouhaite est une maison forte du XIVe siècle située sur la commune de Moulon, en Gironde, inscrite aux monuments historiques le 1er mars 1966. Elle se trouve à environ un kilomètre au sud‑ouest du bourg, le long de la route départementale D128. Le nom apparaît sur la carte de Cassini de 1774 sous la forme Tour d'Ansouette ; les archives locales livrent de nombreuses variantes anciennes (Alsueta, Dansoheta, Dansoete, Dansouette, Lansouhaite, Hansouhait), témoignant d'une évolution graphique du toponyme. Ce nom semble dériver du basque Haltzueta, « aulnaie », adapté localement en Ansoeta puis Ansouette, la graphie Ansouhaite relevant d'une altération ultérieure.

Avant l'édification de la tour, la seigneurie disposait d'une motte castrale appelée La Motte, antérieure au XIe siècle, située environ 1 500 mètres au nord de l'église de Moulon et entourée d'un fossé. Cette fortification sommaire, faite de bâtiments en bois et de palissades, était installée sur un promontoire dominant la vallée de la Dordogne ; des tuiles à rebord et une pointe de lance observées par Léo Drouyn suggèrent une fréquentation ancienne du site. Un acte de 29 mai 1314 rapporte qu'Édouard II, roi d'Angleterre, accorda à Raymond de Grésignac la permission de fortifier sa manse de Moulon ; on suppose qu'après cette autorisation Raymond fit édifier la tour, peut‑être en un lieu plus central parmi ses terres.

La Tour de l'Ansouhaite, de plan rectangulaire, est élevée sur trois niveaux et coiffée d'un chemin de ronde pourvu de mâchicoulis ; les créneaux ont disparu. Elle mesure 14,10 m de long sur 9,30 m de large, avec une hauteur sous toiture d'environ 10 m côté nord‑ouest et 12 m côté sud‑est ; les murs ont au moins 1,05 m d'épaisseur et sont bâtis en pierre de taille dorée, très coquillère, provenant d'une carrière voisine. L'architecture et les éléments conservés, notamment une fenêtre trilobée et des meurtrières à embrasures très évasées, confirment l'appartenance de l'édifice au XIVe siècle.

Le rez‑de‑chaussée, qui ne présentait que de faibles ouvertures (porte ogivale côté sud‑est, une petite fenêtre carrée et un jour près du sommet de la paroi sud‑ouest), servait de magasin et d'abri pour le matériel et le bétail en cas d'alerte. Le premier étage, accessible depuis l'extérieur par une petite porte à section droite côté sud‑ouest et sans escalier de pierre intérieur, était destiné à la défense : chaque façade comporte deux meurtrières formant au total huit dispositifs de tir, leurs embrasures intérieures très évasées étant adaptées au tir plongeant. Le second étage constituait le logement, pourvu de trois fenêtres — dont une étroite tournée vers l'ouest pour résister aux vents dominants et deux autres de forme ogivale à l'extérieur et couvertes intérieurement d'un linteau.

À l'extérieur, la porte sud‑est est surmontée des consoles et de l'arrachement d'une bretèche, aujourd'hui conservés en état « arraché », tandis que les mâchicoulis subsistent au niveau du chemin de ronde. Des dépendances édifiées à la fin du XVIIIe siècle se trouvaient au sud‑ouest et au nord‑ouest, et une porte a été percée au rez‑de‑chaussée pour les relier à la tour ; ces bâtiments ont été démolis au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Le puits visible sur les gravures anciennes a été comblé vers les années 1970 et, à la même époque, une tentative de destruction à l'aide de câbles d'acier et de puissants tracteurs a endommagé quelques pierres de la façade sud‑ouest sans aboutir à la démolition.

L'intérieur conserve un pilier central carré équipé de consoles en bois et de jambettes reposant sur des corbeaux en pierre, supports des poutres et des solives qui structurent les planchers. Lors des travaux de restauration menés après l'acquisition du monument en 1981, le propriétaire s'est attaché à préserver l'existant et à restaurer dans les règles de l'art ; ces interventions, poursuivies pendant une vingtaine d'années, ont stabilisé l'édifice tout en laissant le crénelage en l'état. Des pierres plates provenant du couronnement des créneaux ont été retrouvées dans les arases et laissées en place, et la couverture à grand débord en tuiles creuses assure aujourd'hui la protection de la partie haute des murs.

La tour, presque complète malgré la disparition des créneaux, illustre bien la typologie de la « domus fortis » médiévale en Aquitaine : elle combine fonctions de défense, de surveillance — notamment sur un méandre de la Dordogne long d'environ cinq kilomètres — et d'habitation, et restitue l'aspect et la destination militaire de ces maisons fortes.

Liens externes