Origine et histoire de la Tour de l'Horloge
La Tour de l'Horloge de Lons-le-Saunier, aussi appelée Beffroi, trouve ses origines au XVe siècle comme porte fortifiée des remparts de la ville, baptisée « porte de l'horloge ». Elle contrôlait l’accès à la Grande Rue (actuelle rue du Commerce), artère commerçante protégée par 146 arcades. Ce point d’entrée symbolisait la défense de Lons-le-Saunier, alors ville fortifiée en Franche-Comté.
En 1678, après le rattachement de la Franche-Comté à la France (conséquence de la guerre de Hollande et du traité de Nimègue), la tour de garde est remplacée par un beffroi de quatre étages. Doté d’une horloge aux cadrans en chiffres romains, ce nouvel édifice marque l’intégration de la région au royaume. Cependant, moins d’un siècle plus tard, en 1758, le beffroi menace ruine et est reconstruit sur son emplacement actuel, 10 place de la Liberté, en réutilisant les cadrans de 1740.
La cloche actuelle, fondue à Lons-le-Saunier en 1810, remplace probablement un modèle plus ancien. Le monument, de plan rectangulaire, combine une boutique au rez-de-chaussée, un étage d’habitation, et les niveaux dédiés à l’horloge et au beffroi. Son architecture sobre, soulignée par un bandeau sous le dernier étage, s’intègre au tissu urbain tout en dominant les maisons voisines. Classé monument historique en 1999, il témoigne de l’évolution de la ville, du Moyen Âge à l’époque moderne.
La tour illustre aussi les transformations urbaines de Lons-le-Saunier : démolition des remparts, ouverture de la ville, et adaptation des édifices publics. Son horloge, visible depuis la place, rythmait la vie quotidienne (marchés, offices religieux, alertes), tandis que le beffroi incarnait le pouvoir municipal. Aujourd’hui propriété de la commune, elle reste un symbole du patrimoine local.