Origine et histoire de la Tour de l'Horloge
La tour de l'Horloge de Tillac est une tour-porte médiévale située à l’extrémité sud-ouest du village, marquant l’entrée principale de l’ancienne enceinte fortifiée. De plan carré (5,60 m de côté), elle est conservée sur quatre niveaux, avec une structure en moyen appareil de grès pour les faces externes et latérales, tandis que la face interne, côté village, est en pan-de-bois rempli de torchis, coiffée d’un toit en appentis couvert de tuiles creuses. La porte d’accès, en arc brisé chanfreiné, était autrefois protégée par une herse et des vantaux, dont ne subsistent aujourd’hui que les rainures et trous de fixation. Les étages supérieurs présentent des ouvertures défensives : une arbalétrière au deuxième niveau et des baies aux troisième et quatrième étages.
Le village de Tillac était ceint d’un rempart dont cette tour-porte et une tour carrée (dite donjon) sont les seuls vestiges. La tour de l’Horloge, aussi appelée tour de Rabastens, date probablement de la deuxième moitié du XIIIe siècle, comme l’indiquent son appareil et le style de sa porte. À l’origine, elle était reliée à une courtine (muraille) aujourd’hui disparue, et sa façade côté ville, en pan-de-bois, contrastait avec les murs maçonnés des trois autres côtés. Le crénelage et le dernier plancher ont été démolis, mais la tour conserve des éléments défensifs caractéristiques, comme la meurtrière axiale du premier étage, conçue pour protéger l’entrée.
Inscrite aux Monuments Historiques depuis 1925, la tour appartient à la commune de Tillac. Son architecture reflète les techniques de fortification rurales du Moyen Âge tardif, mêlant pierre et bois, et témoigne de l’importance stratégique des villages frontaliers en Gers, une zone marquée par les conflits entre royaumes de France et d’Angleterre pendant la guerre de Cent Ans. Aujourd’hui, elle constitue un rare exemple de porte fortifiée conservée dans cette région, bien que son état de conservation et sa localisation exacte restent approximatifs (précision cartographique évaluée à 6/10).
La tour-porte sud-ouest jouait un rôle clé dans la défense du village, en contrôlant l’accès principal. Son appellation « tour de l’Horloge » suggère qu’elle abritait peut-être un mécanisme horloge, bien qu’aucune trace ne le confirme dans les sources disponibles. La tour Est, dite donjon, située à l’intérieur des murs, complétait ce dispositif défensif, bien que ses liens avec la courtine aient disparu. Les matériaux utilisés — grès local et torchis — illustrent les ressources disponibles dans le Gers au XIVe–XVe siècle, où la pierre était réservée aux faces exposées aux attaques, tandis que le bois, moins coûteux, servait pour les parties internes.
L’inscription aux Monuments Historiques en 1925 a permis de préserver ce vestige, bien que des éléments comme le crénelage ou les systèmes de fermeture aient été perdus. La tour de Tillac s’inscrit dans un réseau de fortifications villageoises typiques de l’Occitanie médiévale, où les petites communautés se protégeaient des pillages et des troupes en marche. Son plan carré et ses ouvertures étroites rappellent les tours de guet des bastides voisines, bien que Tillac ne soit pas une bastide à proprement parler. Les tuiles creuses utilisées pour la toiture évoquent quant à elles les traditions constructives romanes, encore en usage à la fin du Moyen Âge dans le sud-ouest de la France.