Frise chronologique
1378–1390
Construction de la Grosse tour
Construction de la Grosse tour
1378–1390 (≈ 1384)
Période estimée selon Claude Masse.
1472
Visite de Louis XI
Visite de Louis XI
1472 (≈ 1472)
Grave *« Oh! la grande folie »* sur une vitre.
1651
Destruction partielle
Destruction partielle
1651 (≈ 1651)
Explosion pendant la Fronde.
1824
Démolition de la Petite tour
Démolition de la Petite tour
1824 (≈ 1824)
Élargissement de l’entrée du port.
1879
Classement monument historique
Classement monument historique
1879 (≈ 1879)
Protection des fortifications maritimes.
2010
Tempête Xynthia
Tempête Xynthia
2010 (≈ 2010)
Inondations et fermetures temporaires.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les fortifications maritimes, de la Porte des Dames à la Tour de la Lanterne (portion est du front maritime) : classement par arrêté du 17 février 1879, par liste de 1889 et délimitation du 19 mai 1911
Personnages clés
| Louis XI - Roi de France |
A gravé une inscription en 1472. |
| Claude Masse - Ingénieur et cartographe |
A documenté la tour au XVIIIe siècle. |
| Albert Ballu - Architecte |
Premières restaurations en 1909. |
| Georges Jouven - Architecte |
Couverture en béton en 1952. |
| Richard Texier - Artiste contemporain |
Sculpture *Angel Bear* en 2011. |
| Michaëlle Jean - Gouverneure générale du Canada |
Inauguration de l’exposition en 2008. |
Origine et histoire
La tour de la Chaîne, située à La Rochelle, est l’une des trois tours médiévales (avec la tour Saint-Nicolas et la tour de la Lanterne) protégeant l’entrée du Vieux-Port. Construite entre 1378 et 1390 selon les sources, elle abritait un mécanisme de chaîne tendue vers la tour Saint-Nicolas pour bloquer l’accès maritime. Classée monument historique en 1879, elle fut partiellement détruite en 1651 lors de la Fronde, après une explosion de son stock de poudre.
À l’origine, deux tours composaient l’ensemble : la Grosse tour de la Chaîne (logement du capitaine et garnison) et la Petite tour de la Chaîne (abritant le cabestan de la chaîne), reliées par une galerie. La tour joua un rôle clé lors des sièges de La Rochelle, notamment en 1573 et 1628, servant de prison, de réserve d’armes et de poste de douane. Louis XI y grava en 1472 « Oh! la grande folie », regrettant d’avoir cédé la ville à son frère.
La Petite tour fut démolie en 1824 pour élargir l’entrée du port, tandis que la Grosse tour, restaurée au XXe siècle, abrite aujourd’hui un musée. Endommagée par la tempête Xynthia en 2010, elle reste un symbole du patrimoine maritime rochelais, avec une exposition permanente sur l’émigration vers la Nouvelle-France et une architecture mêlant vestiges médiévaux et restaurations contemporaines.
Son chemin de ronde, ses mâchicoulis (reconstitués en 1947) et sa salle suspendue (2008), plancher en béton évoquant les niveaux disparus, illustrent son évolution. La tour est gérée par le Centre des monuments nationaux et attire chaque année des milliers de visiteurs, notamment lors des Francofolies, dont la scène principale est accessible via la porte des Dames, percée au XVIIIe siècle dans le rempart.
Architecturalement, la tour combine une base médiévale (voûtes ogivales, murs de 3,50 m d’épaisseur) et des aménagements modernes, comme le quatrième niveau contemporain. Son bastion bas, construit en 1811, et le fossé adjacent témoignent des adaptations militaires postérieures. La chaîne, évoquée par Rabelais dans Pantagruel, symbolise son rôle historique de verrou portuaire.
Aujourd’hui, la tour de la Chaîne incarne à la fois la puissance commerciale passée de La Rochelle (capitale huguenote et port atlantique majeur) et sa résilience, ayant survécu aux sièges, aux explosions et aux tempêtes pour devenir un lieu de mémoire et de culture, accueillant expositions, concerts et restaurants éphémères.