Tour de la Chèvre d'Or de Biot dans les Alpes-Maritimes

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Mausolée

Tour de la Chèvre d'Or de Biot

  • 128-250 Chemin de la Chèvre d'Or 
  • 06410 Biot
Tour de la Chèvre dOr de Biot
Tour de la Chèvre dOr de Biot
Tour de la Chèvre dOr de Biot
Crédit photo : Baldrick44 - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
1900
2000
Ier siècle apr. J.-C.
Construction du monument
2 septembre 1943
Classement historique
2022
Acquisition par la commune
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Monument romain dit La Tour de la Chèvre d'Or : classement par arrêté du 2 septembre 1943

Personnages clés

Jules Formigé Architecte ayant estimé la construction de la tour à l'époque augustéenne.

Origine et histoire de la Tour de la Chèvre d'Or

La Tour de la Chèvre d'Or est un probable monument funéraire romain de type pile situé à Biot, dans les Alpes-Maritimes. Elle se dresse au flanc d'une colline dominant au nord la plaine de la Brague et Antibes, le long de l'ancien chemin de Clausonnes (chemin de la Chèvre-d'Or), à environ 700 m au sud‑ouest du village, après la chapelle Saint‑Jean ; ce chemin recouvre peut‑être une voie romaine. L'environnement archéologique alentour est riche : on y observe des tombeaux à coffres de tuiles et des blocs dédicatoires remployés dans des constructions plus récentes. Jules Formigé a estimé que le monument était construit « à la manière de l'époque augustéenne » et il est généralement attribué au Ier siècle apr. J.-C. Son nom renvoie à la légende de la chèvre d'or, mythe répandu en Méditerranée et en Provence, associé aux invasions sarrasines des IXe–Xe siècles. Le tombeau a été classé au titre des monuments historiques le 2 septembre 1943 et la commune de Biot en a fait l'acquisition en 2022.

La tour présente un massif de maçonnerie plein de plan rectangulaire mesurant 5,80 × 2,35 m ; sa hauteur actuelle est de 10 m, mais son élévation primitive, terminée par une pyramide, était certainement plus importante. Le noyau est en blocage de pierres liées au mortier, entièrement recouvert d'un parement de moellons calcaires en petit appareil ; les trous de boulin utilisés pour les échafaudages sont encore visibles. Au‑dessus des fondations, un soubassement en glacis précède l'élévation du monument, sans être vertical ni à degrés. À l'arrière, la tour est prolongée au sud par un ensemble de murs formant un enclos de 4,50 m de côté ; ces murs, très arasés, pouvaient atteindre 3 m de hauteur pour 0,60 m d'épaisseur.

Le côté principal, celui qui regarde le chemin, est percé dans sa partie supérieure d'une large niche à fond plat destinée à être vue de loin et non masquée par les murs d'avant. Cette niche, partiellement parementée intérieurement comme les murs de la tour, mesure 2,70 m de large, 1,80 m de profondeur et présente une voûte en berceau dont l'intrados se situe à 2 m. L'espace clos devant la tour délimitait vraisemblablement une chambre funéraire contenant des urnes cinéraires, tandis que la niche sommitale devait abriter la statue du défunt. La Tour de la Chèvre d'Or s'inscrit donc dans la typologie des piles funéraires, très répandues dans le grand sud‑ouest de la France ; dans la région, la Torre di Cimella (détruite) est le seul autre exemple connu de cette architecture.

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