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Tour de la Lanterne de Rochecorbon en Indre-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine défensif Tour

Tour de la Lanterne de Rochecorbon

    18-22 Rue des Basses Rivières
    37210 Rochecorbon
Propriété privée
Tour de la Lanterne de Rochecorbon
Tour de la Lanterne de Rochecorbon
Tour de la Lanterne de Rochecorbon
Tour de la Lanterne de Rochecorbon
Crédit photo : Séraphin-Médéric Mieusement (1840–1905) Autres nom - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
IXe siècle
Première mention de Rochecorbon
vers 1000
Origine du nom Rochecorbon
1093
Début de la construction du château
vers 1100
Saisie par Foulques IV d’Anjou
1133
Reprise des travaux
1157
Construction de la chapelle
1424–1427
Occupation anglo-gasconne
1475
Abandon du château
1789
Vente comme bien national
1840
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tour dite La Lanterne : classement par liste de 1840

Personnages clés

Corbon des Roches - Chevalier et ancêtre éponyme Donne son nom à Rochecorbon.
Hardouin - Archevêque de Tours (960–980) Oncle de Corbon, possible constructeur.
Thibaud des Roches - Seigneur et bâtisseur Initie le château en 1093.
Foulques IV d’Anjou - Comte d’Anjou S’empare du château vers 1100.
Robert de Brenne - Fils de Thibaud Achève l’enceinte en 1133.
Geoffroy de Brenne - Seigneur et restaurateur Agrandit le château au XIIIe.
Geoffroy de Maillé - Dernier propriétaire actif Abandonne le château en 1475.
Arcisse de Caumont - Historien (XIXe siècle) Conteste la datation du XIe.

Origine et histoire

La Tour de la Lanterne de Rochecorbon est le dernier vestige d’une forteresse médiévale construite sur un éperon rocheux dominant la Loire, dans le département d’Indre-et-Loire. Classée monument historique en 1840, cette tour de 10 mètres de haut, couronnée de créneaux, date probablement du XIe siècle, bien que certains historiens suggèrent une construction ou une restauration au XVe siècle. Son style architectural et son emplacement stratégique en font un témoignage rare des systèmes défensifs médiévaux en Touraine.

Le site de Rochecorbon, mentionné dès le IXe siècle sous le nom de Vodanum, était un lieu de passage stratégique le long de la Loire. Une motte castrale, peut-être édifiée par l’évêque Hardouin (960–980), précéda le château de pierre initié en 1093 par Thibaud des Roches, petit-fils du chevalier Corbon. Ce château, contesté par Foulques IV d’Anjou, fut saisi avant son achèvement vers 1100. La paix revenue en 1133 permit à Robert de Brenne, fils de Thibaud, de poursuivre les travaux, remplaçant la palissade en bois par une enceinte maçonnée et ajoutant une chapelle en 1157.

Au XIIIe siècle, Geoffroy de Brenne agrandit le château et renforça ses défenses. Pendant la guerre de Cent Ans, la forteresse, devenue une place stratégique, fut brièvement occupée par des Anglo-Gascons (1424–1427) avant d’être abandonnée après la paix. Geoffroy de Maillé, endetté par les restaurations, la délaisse en 1475. Vendue comme bien national en 1789, elle n’était déjà plus qu’une ruine, comme en témoigne une peinture de 1797. Seule la Lanterne, menacée par l’érosion du coteau de tuffeau, subsiste aujourd’hui.

La datation exacte de la tour reste débattue : si elle est souvent associée à 1095, des historiens comme Arcisse de Caumont (1857) la situent plutôt au XVe siècle, en raison de son style caractéristique. Aucune source écrite ne décrit l’aspect originel du château, mais la tour, haute de 10 mètres, était intégrée à l’angle sud-ouest de l’enceinte. Bien que propriété privée, elle est exceptionnellement ouverte au public lors des Journées européennes du patrimoine.

La Lanterne est aujourd’hui en péril en raison de l’instabilité du coteau, rongé par l’érosion et creusé de cavités troglodytiques. Des légendes locales lui prêtent des rôles variés : phare pour la navigation sur la Loire, lanterne des morts, ou monument commémoratif lié à une chasse à l’aigle par Robert de Brenne. Aucune preuve historique ne valide ces récits, mais ils illustrent l’imaginaire attaché à ce site emblématique.

Le village de Rochecorbon, initialement appelé Vodanum, tire son nom actuel de Corbon des Roches, chevalier mentionné avant l’an 1000. La grande voie antique longeant la Loire passait à ses pieds, soulignant son importance stratégique dès l’Antiquité. Le château, symbole des luttes entre comtes d’Anjou et de Blois pour le contrôle de la Touraine, fut aussi un enjeu religieux, les évêques de Tours refusant l’autorité des comtes. Son déclin reflète celui des forteresses médiévales après la fin des conflits féodaux.

Liens externes