Origine et histoire de la Tour de la Mairie
La Tour de la Mairie de Belvès est l’unique vestige d’un couvent des Frères Prêcheurs (dominicains ou Jacobins), fondé en 1324 à Belvès, en Dordogne. Ce couvent, construit hors des remparts de la ville fortifiée, fut édifié grâce aux dons des nobles locaux et des habitants, sous l’impulsion de Raymond d'Apremont de Roquecorne, alors évêque de Sarlat (1318-1324). Associé à des écoles destinées à la formation théologique et intellectuelle des moines, le couvent devint un centre d’études, bien que son école ait été jugée médiocre par les standards de l’ordre. Les bâtiments subirent de lourds dommages lors de la guerre de Cent Ans, notamment après la prise de Belvès par les troupes anglaises en 1345.
Pendant les guerres de Religion, le couvent fut à plusieurs reprises pillé et incendié, notamment en 1569 par Geoffroy de Vivans, qui détruisit une grande partie des lieux et vola les biens précieux, dont les livres et l’argenterie. Les bâtiments furent reconstruits au XVIIe siècle, mais les écoles, rouvertes après les conflits, fermèrent définitivement en 1790, avec la Révolution. Après le départ des moines, la commune acquit les lieux : l’église, abandonnée, s’effondra en 1802, tandis que les bâtiments restants furent réutilisés pour divers usages (prison, école, gendarmerie) avant d’abriter la mairie actuelle.
Le clocher, seul élément intact du XIVe siècle, fut classé Monument historique en 1910. Sa structure carrée, évoluant en octogone par des glacis à 45°, est caractéristique de l’architecture religieuse de l’Agenais, bien que rare en Périgord. Aujourd’hui, il domine la place de la Liberté à Belvès, rappelant l’histoire mouvementée de ce couvent dominicain, autrefois cœur intellectuel et spirituel de la région.