Frise chronologique
Ier siècle apr. J.-C.
Chapiteau de remploi
Chapiteau de remploi
Ier siècle apr. J.-C. (≈ 150)
Éléments antérieurs réutilisés dans les fondations.
Période antonine (IIe siècle)
Construction probable
Construction probable
Période antonine (IIe siècle) (≈ 250)
Hypothèse basée sur des comparaisons archéologiques.
1715
Première description écrite
Première description écrite
1715 (≈ 1715)
Mention par Claude Masse dans son *Mémoire géographique*.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés en France.
1989
Restauration du monument
Restauration du monument
1989 (≈ 1989)
Réparation des excavations et consolidation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour de Pirelongue : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Claude Masse - Ingénieur et cartographe |
A décrit la tour en 1715. |
Origine et histoire
La tour de Pirelonge est une pile funéraire gallo-romaine en pierre, haute de 24 mètres, située à 1 km au sud de Saint-Romain-de-Benet (Charente-Maritime). Construite sous l’Empire romain, elle marque l’ancienne voie reliant Mediolanum Santonum (Saintes) à Burdigala (Bordeaux), mentionnée sur la table de Peutinger. Son toponyme évoque une « pierre longue », typique des monuments funéraires de cette époque. Bien que sa datation exacte reste incertaine, des éléments de remploi (comme un chapiteau du Ier siècle) suggèrent une construction postérieure, probablement sous les empereurs antonins.
Classée dès 1840 parmi les premiers monuments historiques français, la tour a été décrite pour la première fois en 1715 par Claude Masse dans un état proche de l’actuel. Elle fut restaurée en 1989 pour colmater des excavations causées par des recherches de trésors. Contrairement à d’autres piles, elle ne possède pas de chambre intérieure mais est pleine, avec un parement extérieur en grand appareil aujourd’hui disparu, à l’exception de son couronnement conique bien conservé.
Des fouilles du XIXe siècle ont révélé un enclos funéraire et des sépultures à sa base, confirmant son rôle de cénotaphe dédié à un personnage important. Comparable à d’autres piles de la civitas des Santons (comme celles d’Aumagne ou d’Ébéon), elle est la deuxième plus haute de Gaule après celle de Cinq-Mars. Son isolement dans un environnement boisé, au sommet d’une éminence, renforce son caractère monumental et commémoratif.
La tour illustre l’architecture funéraire gallo-romaine du sud-ouest, mêlant influences locales et impériales. Son alignement cardinal et sa proximité avec la voie antique soulignent son intégration dans un paysage ritualisé, où ces monuments servaient à la fois de repères et de symboles de pouvoir pour les élites locales.