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Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Tour de l'Horloge Tour Porte-de-ville

Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot

    Rue de Pujols
    47300 Villeneuve-sur-Lot
Propriété de la commune
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Tour de Pujols de Villeneuve-sur-Lot
Crédit photo : Lilipiapia - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1253
Traité comte de Toulouse - abbaye d’Eysses
1264
Fondation de la bastide
XIVe siècle (4e quart)
Reconstruction des remparts
1585
Siège par Marguerite de Navarre
1653
Capitulation lors de la Fronde
4 janvier 1901
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tours de Pujols et de Paris : classement par arrêté du 4 janvier 1901

Personnages clés

Alphonse de Poitiers - Comte de Toulouse et fondateur Créa la bastide en 1264.
Jean de Bourbon - Reconstructeur des remparts Renforce l’enceinte au XIVe siècle.
Marguerite de Navarre - Duchesse et assaillante Échoue à prendre la ville en 1585.
Capitaine Despeyroux - Ingénieur militaire Renforce les fortifications au XVIe siècle.
Henri Rapine - Architecte restaurateur Restaure les tours en 1908.

Origine et histoire

La tour de Pujols est l’un des derniers vestiges de l’enceinte fortifiée de Villeneuve-sur-Lot, bastide fondée en 1264 par Alphonse de Poitiers. Ce dernier, comte de Toulouse et frère de Saint Louis, autorisa la création de la ville sur les rives du Lot, après la destruction des fortifications de Pujols, ancienne place cathare ravagée pendant la croisade des Albigeois. Le traité de 1253 entre le comte et l’abbaye d’Eysses délimita le territoire de la future cité, tandis qu’une charte de 1260 accorda des privilèges aux premiers habitants.

L’enceinte initiale, probablement en terre et bois, fut renforcée au fil des conflits. Au XIVe siècle, Jean de Bourbon reconstruisit les murailles en pierre et brique, intégrant sept portes dont celles de Pujols et de Paris, encore visibles aujourd’hui. Ces tours carrées, surmontées de mâchicoulis et coiffées de toits à quatre pans, servaient de points de contrôle et de défense. Leur élévation en brique, postérieure aux assises en pierre, reflète les techniques de construction médiévales adaptées aux ressources locales.

La tour de Pujols joua un rôle clé lors des guerres de Religion et de la Fronde. En 1585, Marguerite de Navarre échoua à prendre la ville, protégée par ses remparts renforcés de demi-lunes. Au XVIIe siècle, après la capitulation de 1653 face au comte d’Harcourt, les fortifications furent partiellement démantelées : fossés comblés, tours abattues, sauf les portes de Pujols et de Paris, classées monuments historiques en 1901. Leur restauration au début du XXe siècle permit de préserver ce témoignage de l’urbanisme défensif médiéval.

L’architecture de la tour combine robustesse et symbolisme. Le passage voûté, les salles éclairées par des baies géminées, et le chemin de ronde crénelé illustrent une conception à la fois pratique et ostentatoire. Au XIXe siècle, la tour abritait l’horloge municipale, dont la sonnerie était logée dans un campanile ajouté. Aujourd’hui, elle incarne l’héritage des bastides, ces villes nouvelles du Moyen Âge conçues pour concilier commerce, sécurité et pouvoir comtal.

Les sources historiques, comme les travaux de Fernand de Mazet, soulignent l’importance stratégique de Villeneuve-sur-Lot, carrefour entre Agen, Périgueux et Bordeaux. Les conflits répétés (guerre de Cent Ans, guerres de Religion) marquèrent son évolution, transformant progressivement l’enceinte en un obstacle obsolète. Le dessin de 1792 révèle des remparts déjà dégradés, remplacés par des habitations, tandis que les deux tours survivantes rappellent l’âge d’or d’une cité bastion de la Guyenne.

Liens externes