Origine et histoire de la Tour de Trébaïx
La commanderie de Trébaïx est une ancienne maison templière de la baylie du Quercy, dépendante de La Capelle-Livron au début du XIIIe siècle, puis passée aux Hospitaliers. Elle se situe au hameau de Trébaïx, sur la commune de Villesèque (Lot). Seule subsiste aujourd'hui une tour rectangulaire, vestige de la tour-salle originelle ; le corps de logis, ruiné au XIXe siècle, a disparu. La tour, de plan rectangulaire (8,80 × 11,00 m), abrite au rez-de-chaussée une chapelle voûtée d'ogives dont la clé principale représente saint Jean‑Baptiste et une autre porte un blason à croix templière. L'édifice conserve des portes en arc brisé, des percements défensifs, des latrines et un oculus ouvrant sur la chapelle. La chapelle date du XIVe siècle et est surmontée d'une chambre haute remaniée au XVIe siècle. La « domus » templière de Trébaïx est une création tardive qu'il faut replacer dans le contexte local avec les maisons de Monjous et de Carnac. Un premier établissement, dit Monjous, apparaît à la suite de l'action missionnaire du frère templier Gausbert Vezia dans la seconde moitié du XIIe siècle ; il est difficile à localiser précisément mais se manifeste par des donations compilées au XIIIe siècle. Gausbert Vezia s'efforce aussi d'acquérir des dîmes et des biens fonciers dans la paroisse de Trébaïx avant l'installation définitive des frères. L'évêque de Cahors Géraud Hector remet à l'ordre du Temple l'église Sainte‑Marie de Carnac à la fin du XIIe siècle, ce qui favorise une implantation templière dans la région. En raison des conflits opposant le comte de Toulouse aux Plantagenêts, la communauté de Monjous cherche refuge à Carnac et s'y installe provisoirement dans le presbytère. Malgré des expulsions liées à une controverse financière avec l'évêque de Cahors, les Templiers rétablissent leur présence et instituent une domus à Carnac pleinement constituée en 1247. La direction de ces maisons est assurée successivement par Jacme da Ramon, puis Gaillard de Pradines, puis par des commandeurs tels que B. de la Roca et Athon de Salvagnac à la fin du XIIIe siècle. Trébaïx apparaît pour la première fois dans les sources à la fin du XIIIe siècle et Athon de Salvagnac y est commandeur au moins jusqu'en 1295, ce qui atteste l'installation définitive des frères à cette époque. L'établissement de Trébaïx résulte d'un processus de sédentarisation locale et son programme architectural semble avoir été réalisé dans les dernières années du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle, avant l'arrestation de 1307. Par la suite, la commanderie de Trébaïx est rattachée à La Capelle‑Livron et, après la suppression de l'ordre du Temple, elle revient aux Hospitaliers à partir de 1313. L'évêque de Cahors oblige en 1332 le curé de Carnac à entrer dans l'ordre de Saint‑Jean, les églises de Carnac, Trébaïx et La Capelle‑Livron relevant désormais de cet ordre. Durant la guerre de Cent Ans, Trébaïx n'est pas occupé par Bertugat d'Albret en 1356, mais en 1359 les consuls de Cahors demandent au commandeur d'augmenter la garde du château par crainte d'une attaque anglaise. Après des remises en main et des rétablissements de juridictions au XIVe siècle, le territoire de Trébaïx est presque désert à la fin de la guerre et fait l'objet d'un accensement en 1473 pour favoriser le repeuplement; le précepteur s'y réserve alors le « château » et des terres voisines. Une visite générale de 1613 décrit un ensemble quadrangulaire entouré d'un fossé, formé de quatre ailes autour d'une basse‑cour, la maison seigneuriale occupant la moitié du quadrilatère et une grosse tour comportant plusieurs chambres; les biens sont vendus comme biens nationaux à la Révolution. La tour, aujourd'hui en propriété privée, a été inscrite au titre des monuments historiques le 22 janvier 2004.