Frise chronologique
Vers 1170–1180
Fondation de Monjous
Fondation de Monjous
Vers 1170–1180 (≈ 1175)
Première *domus* templière par Gausbert Vezia.
1247
Création de la *domus* de Carnac
Création de la *domus* de Carnac
1247 (≈ 1247)
Dirigée par Jacme da Ramon.
1290
Première mention de Trébaïx
Première mention de Trébaïx
1290 (≈ 1290)
Athon de Salvagnac commandeur de Carnac et Trébaïx.
1307
Arrestation des Templiers
Arrestation des Templiers
1307 (≈ 1307)
Fin de l’ordre, transfert aux Hospitaliers.
1313
Passage aux Hospitaliers
Passage aux Hospitaliers
1313 (≈ 1313)
Inventaire de La Capelle-Livron.
1356–1359
Menace anglaise pendant la guerre de Cent Ans
Menace anglaise pendant la guerre de Cent Ans
1356–1359 (≈ 1358)
Renforcement des défenses.
1473
Repeuplement après la guerre
Repeuplement après la guerre
1473 (≈ 1473)
Baux emphytéotiques par Pons Coalhac.
1613
Visite de la commanderie
Visite de la commanderie
1613 (≈ 1613)
Description d’un ensemble carré avec fossé.
1789
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789 (≈ 1789)
Conséquence de la Révolution française.
2004
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2004 (≈ 2004)
Inscription de la tour.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La tour en totalité (cad. A 592) : inscription par arrêté du 22 janvier 2004
Personnages clés
| Gausbert Vezia - Frère templier missionnaire |
Fonda Monjous (XIIe siècle). |
| Jacme da Ramon - Commandeur de Carnac |
Dirige la *domus* en 1247. |
| Athon de Salvagnac - Commandeur de Carnac et Trébaïx |
Gouverne les deux sites en 1290–1295. |
| Pons Coalhac - Précepteur hospitalier |
Organise le repeuplement en 1473. |
Origine et histoire
La tour de Trébaïx de Villesèque est une ancienne commanderie templière fondée à la fin du XIIIe siècle, avant de passer aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1313 après la dissolution de l’ordre du Temple. Située dans le diocèse de Cahors (actuel département du Lot, région Occitanie), elle s’inscrit dans un réseau de maisons religieuses liées à l’ordre, incluant les sites de Monjous, Carnac et La Capelle-Livron. Son architecture, combinant une tour rectangulaire et une chapelle voûtée d’ogives au rez-de-chaussée, reflète une double vocation : défensive et spirituelle. La clé de voûte ornée d’une croix templière et d’une représentation de saint Jean-Baptiste souligne son héritage religieux complexe, partagé entre les deux ordres militaires.
L’histoire de Trébaïx est indissociable des conflits et des stratégies d’implantation des Templiers dans le Quercy. Dès la seconde moitié du XIIe siècle, le frère Gausbert Vezia fonde la domus de Monjous, avant que les tensions avec l’évêque de Cahors et les seigneurs locaux (comme Raimond V de Toulouse ou Richard Cœur de Lion) ne contraignent la communauté à se déplacer vers Carnac. Ce n’est qu’à la fin du XIIIe siècle que Trébaïx devient un établissement permanent, sous la direction d’Athon de Salvagnac, commandeur simultané de Carnac et Trébaïx en 1290. La tour, construite vers 1280–1300, intègre des éléments défensifs (archères, latrines) et un logis seigneurial aujourd’hui disparu, attestant d’une organisation castrale typique des commanderies méridionales.
Après l’arrestation des Templiers en 1307, Trébaïx passe aux Hospitaliers, qui la transforment partiellement au XIVe siècle (ajout de fenêtres à croisées, réaménagement des étages). Pendant la guerre de Cent Ans, la commanderie, stratégiquement située près de Cahors, est renforcée pour résister aux incursions anglaises (1356–1359). Un inventaire de 1332 confirme son rattachement à la commanderie de La Capelle-Livron, tandis qu’un acte de 1473 révèle son déclin démographique post-guerre, nécessitant un repeuplement par des baux emphytéotiques. Au XVIIe siècle, une visite de l’ordre de Malte décrit un ensemble carré avec fossé, incluant la tour et des bâtiments agricoles, aujourd’hui disparus.
La tour, classée Monument Historique en 2004, est le dernier vestige de cette commanderie. Son portail en arc brisé (XIIIe siècle), ses clefs de voûte sculptées (croix templière et saint Jean-Baptiste), et ses percements défensifs illustrent les transitions architecturales et politiques entre Templiers et Hospitaliers. Les fouilles et archives soulignent son rôle de centre seigneurial et religieux, avec une juridiction s’étendant sur la paroisse de Villesèque. La disparition du corps de logis au XIXe siècle et la vente des biens comme bien national lors de la Révolution ont effacé une partie de son histoire, mais la tour reste un témoignage rare des commanderies méridionales du Moyen Âge tardif.