Frise chronologique
1178
Hommage à l’abbaye d’Agaune
Hommage à l’abbaye d’Agaune
1178 (≈ 1178)
Comtes de Genève cèdent droits sur La Roche.
Début XIIe siècle (vers 1120)
Première mention du *castra*
Première mention du *castra*
Début XIIe siècle (vers 1120) (≈ 1204)
Apparition dans les textes sous le comte Robert.
1219
Siège par Pierre II de Savoie
Siège par Pierre II de Savoie
1219 (≈ 1219)
Rodolphe de Genève capitule après assiègement.
Fin XIIe siècle
Construction de la grosse tour
Construction de la grosse tour
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Attribuée au comte Aymon Ier de Genève.
1392
Légation à Marguerite de Joinville
Légation à Marguerite de Joinville
1392 (≈ 1392)
Pierre de Genève lègue le château.
1590
Destruction partielle
Destruction partielle
1590 (≈ 1590)
Ravagé pendant la guerre Savoie-Genève-France.
24 janvier 1944
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
24 janvier 1944 (≈ 1944)
Protection du donjon par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Donjon : inscription par arrêté du 24 janvier 1944
Personnages clés
| Robert de Genève - Comte de Genève (début XIIe siècle) |
Premier propriétaire attesté du *castra*. |
| Aymon Ier de Genève - Comte de Genève (fin XIe siècle) |
Aura fait dresser la grosse tour. |
| Guillaume Ier de Genève - Comte de Genève (XIIe siècle) |
Siège de 1178 contre ses vassaux. |
| Pierre II de Savoie - Comte de Savoie (XIIIe siècle) |
Assiège et prend le château en 1219. |
| Pierre de Genève - Dernier comte propriétaire (XIVe siècle) |
Lègue le château en 1392. |
| Marguerite de Joinville - Héritière puis épouse de Ferry de Vaudémont |
Reçoit le château en 1392. |
Origine et histoire
La Tour des Comtes de Genève, à La Roche-sur-Foron, est le dernier vestige du château de La Roche (ou castrum de Rupe), édifié au XIIIe siècle sur un éperon rocheux dominant la vallée du Foron. Ce site stratégique, occupé dès le XIe siècle, fut une forteresse clé des comtes de Genève, puis des comtes de Savoie. Son donjon circulaire, innovant pour l’époque, supprimait les angles morts, marquant une évolution dans l’architecture militaire savoyarde.
Le château est mentionné pour la première fois en 1120 sous le terme castra, alors aux mains du comte Robert de Genève. Au XIIe siècle, il devient une résidence comtale avant que les comtes ne privilégient Annecy. La tour actuelle, construite au XIIIe siècle, fut érigée sur une faille naturelle d’un bloc erratique glaciaire, avec quatre caves superposées et trois étages. Elle symbolisait le pouvoir des comtes de Genève, qui y résidèrent jusqu’au XIVe siècle.
Le monument fut le théâtre de conflits majeurs : assiégé en 1178 lors d’une rébellion de vassaux, puis en 1219 par Pierre II de Savoie contre Rodolphe de Genève. En 1392, Pierre de Genève le lègue à sa femme Marguerite de Joinville, avant qu’il ne passe aux mains des comtes de Savoie en 1411. Ravagé en 1590 pendant les guerres opposant la Savoie à Genève et à la France, il perdit sa fonction défensive. Seul le donjon, inscrit aux Monuments Historiques en 1944, subsiste aujourd’hui.
La tour, haute de 11 mètres (sur les 20 originaux), repose sur un rocher de 17 mètres, avec des murs de près de 4 mètres d’épaisseur. Elle était accompagnée d’un logis et d’un mur-bouclier en angle, reflétant les innovations militaires du XIIIe siècle. Le site était aussi le centre d’une châtellenie comtale, gérée par un vidomne (ou grand-châtelain), souvent issu de la noblesse locale comme les Menthon ou les Sales.
Au XVIIe siècle, le château et ses dépendances furent légués à la duchesse de Savoie, Christine de France, puis érigés en marquisat. Les capucins, propriétaires au XIXe siècle, perçurent le rocher pour créer un passage, donnant l’illusion de deux blocs distincts. Aujourd’hui, la tour témoigne de l’histoire féodale de la Savoie et de son rôle dans les conflits régionaux entre Genève, la Savoie et la France.