Frise chronologique
1250-1260
Construction de l'enceinte initiale
Construction de l'enceinte initiale
1250-1260 (≈ 1255)
Remparts entourant Molsheim, incluant la future tour.
1318-1325
Agrandissement de l'enceinte
Agrandissement de l'enceinte
1318-1325 (≈ 1322)
Intègre château épiscopal et hospice Sainte-Marie.
1363
Première mention écrite
Première mention écrite
1363 (≈ 1363)
Appelée *Smidttor*, porte principale de la ville.
21 juin 1783
Incendie de la charpente
Incendie de la charpente
21 juin 1783 (≈ 1783)
Cloche fondue, toiture reconstruite différemment.
1868
Ajout de la statue mariale
Ajout de la statue mariale
1868 (≈ 1868)
Vierge à l’Enfant en fonte dorée.
1929
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1929 (≈ 1929)
Protection de la tour et corps de garde.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour et ses deux corps de garde : inscription par arrêté du 18 juin 1929
Personnages clés
| Jean Ier de Dirpheim - Évêque de Strasbourg |
Agrandit l’enceinte (1318-1325). |
| Portier anonyme (1783) - Veilleur de la tour |
Déclenche l’incendie en sonnant le tocsin. |
Origine et histoire
La tour des Forgerons, aussi appelée Schmiedtor en alsacien, est une porte fortifiée des remparts de Molsheim, construite au 1er quart du XIVe siècle. Elle marquait l’entrée méridionale de la ville et était la principale porte d’accès à la cité médiévale dès 1363. Son nom proviendrait des forgerons locaux, bien que certaines sources l’appellent aussi porte de Strasbourg ou porte Saint-Georges. La tour, de plan rectangulaire (9x8,5 m), comportait un pont-levis, une herse, et un corps de garde (Wachstube) pour surveiller les alentours. Une maison attitrée au portier-péager se trouvait à proximité.
En 1783, un incendie ravagea la charpente de la tour après qu’un portier, sonnant le tocsin, y mit accidentellement le feu. La cloche fondit, et la toiture pointue fut reconstruite sous un angle différent. La cloche actuelle, provenant de l’église Saint-Georges, pèse quatre tonnes et sonne encore aujourd’hui à 6h et 22h, héritage des anciennes heures d’ouverture des portes. En 1868, une statue de la Vierge à l’Enfant, en fonte dorée, fut ajoutée sur la face externe, offerte par la bourgeoisie locale.
La tour fut inscrite aux Monuments Historiques en 1929. Elle conserve des éléments défensifs comme des cachots au 1er étage et des chaînes d’angle à bosses. Le fossé entourant les remparts, comblé au XVIIIe siècle, fut remplacé par des jardins. Parmi les trois portes originales de Molsheim, seule la porte des Forgerons subsiste, les autres (porte de la Montagne, porte des Tanneurs) ayant été détruites entre 1808 et 1868. La courtine, longue de 2 100 m, était percée de meurtières et flanquée de tours, dont certaines subsistent partiellement.
L’enceinte médiévale, construite vers 1250-1260 et agrandie en 1318-1325 par l’évêque Jean Ier de Dirpheim, intégrait le château épiscopal et l’hospice Sainte-Marie. Les remparts, hauts de 7 à 9,5 m, étaient couronnés d’un chemin de ronde et entourés d’un fossé de 15 à 20 m de large, alimenté par un canal dérivé de la Bruche. Au XIXe siècle, des transformations furent apportées : création de portes piétonnes (datées de 1861), modification des toits des corps de garde, et ajout d’un porche à colonnes.
Aujourd’hui, la tour sert toujours de passage pour les véhicules. Son clocheton abrite une petite cloche, tandis que la toiture à quatre pans surmonte quatre niveaux au-dessus du rez-de-chaussée. La poudrière voisine, dotée de canonnières Renaissance, rappelle le siège de 1592 par les Strasbourgeois. Bien que partiellement masquée par des constructions ultérieures, la tour des Forgerons reste un témoignage majeur de l’architecture défensive alsacienne.