Construction de la tour entre 1550 et 1585 (≈ 1585)
Période estimée d'après le dessin de 1585.
1585
Première représentation connue
Première représentation connue 1585 (≈ 1585)
Dessin de Guillaume Schura montrant la tour.
XVIIe siècle
Déclin de l'activité minière
Déclin de l'activité minière XVIIe siècle (≈ 1750)
Changement d'usage du bâtiment.
1865
Vente à la commune
Vente à la commune 1865 (≈ 1865)
Devenue propriété municipale.
1974
Installation de la Caisse des mineurs
Installation de la Caisse des mineurs 1974 (≈ 1974)
Nouvelle vocation associative.
1993
Inscription partielle (cachots)
Inscription partielle (cachots) 1993 (≈ 1993)
Protection des deux cellules.
1998
Classement complet
Classement complet 1998 (≈ 1998)
Façades et toitures protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les deux cellules au sous-sol (cad. D 219) : inscription par arrêté du 19 août 1993 - Façades et toitures (cad. D 219) : classement par arrêté du 13 août 1998
Personnages clés
Guillaume Schura - Cartographe
A dessiné la tour en 1585.
Sire de Ribeaupierre - Seigneur local
Aura nommé le juge des mines.
Origine et histoire
La tour des mineurs d'Echery, située à Sainte-Marie-aux-Mines dans le Haut-Rhin, est un édifice emblématique du XVIe siècle. Construite entre 1550 et 1585, elle apparaît sur un dessin de Guillaume Schura daté de 1585, confirmant son rôle central dans l'exploitation minière locale. À l'origine, elle abritait le siège de la justice des mines, un tribunal spécifique pour régler les conflits entre mineurs, ainsi que deux cellules de prison au sous-sol. Ce système judiciaire était indépendant des affaires criminelles ordinaires, reflétant l'importance économique et sociale de l'activité minière dans la région.
L'activité minière du massif du Neuenberg, centrée sur l'extraction d'argent, justifia la création de cette institution. Un juge des mines, probablement nommé par le sire de Ribeaupierre (seigneur local), y rendait des verdicts liés aux litiges professionnels. Avec le déclin de l'exploitation au XVIIe siècle, la tour changea de fonction : elle devint presbytère pour la paroisse réformée, puis école et logement d'instituteur. Vendue à la commune en 1865, elle abrite depuis 1974 la Caisse des mineurs (Knappschaft), une association perpétuant les traditions minières et le rôle social de l'ancienne confrérie.
Sur le plan architectural, la tour carrée en maçonnerie présente des chaînes d'angle harpées et des fenêtres à meneaux caractéristiques de la Renaissance. Son toit à longs pans, couvert de zinc et doté d'un campanile en bardeaux, abrite un mécanisme d'horloge visible sur trois de ses faces, lui valant le surnom de Tour de l'Horloge. À l'intérieur, les deux cachots voûtés en berceau du sous-sol contrastent avec les pièces aménagées aux étages, dont une salle de tribunal au rez-de-chaussée. Classée monument historique en 1998 (après une inscription partielle en 1993), la tour illustre l'héritage industriel et judiciaire alsacien.
La tour des mineurs symbolise aussi l'organisation sociale des vallées minières alsaciennes. Les mineurs, soumis à une juridiction propre, bénéficiaient d'une caisse de secours mutualiste, ancêtre des systèmes de protection sociale. L'édifice, propriété communale, reste un témoignage tangible de cette histoire, entre exploitation des ressources, justice spécialisée et mémoire collective. Son état de conservation et ses transformations successives reflètent les adaptations d'une communauté face aux bouleversements économiques.