Frise chronologique
1211
Siège de Lavaur
Siège de Lavaur
1211 (≈ 1211)
Attaque par Simon IV de Montfort (Croisade des Albigeois).
1229
Traité de Paris
Traité de Paris
1229 (≈ 1229)
Démantèlement partiel des murailles ordonné.
avant le XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
avant le XIIe siècle (≈ 1250)
Tour circulaire en brique intégrée aux remparts.
1627
Reconstruction
Reconstruction
1627 (≈ 1627)
Structure actuelle avec ouvertures pour mousqueterie.
1826
Acquisition par la commune
Acquisition par la commune
1826 (≈ 1826)
Devenue propriété publique après divers usages.
1971
Inscription MH
Inscription MH
1971 (≈ 1971)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour des Rondes (cad. AE 338) : inscription par arrêté du 18 février 1971
Personnages clés
| Simon IV de Montfort - Chef croisé |
Assiégea Lavaur en 1211 pendant la Croisade. |
| Raymond VII de Toulouse - Comte de Toulouse |
Ordonné de démanteler les murailles (1229). |
| Édouard de Woodstock (Prince Noir) - Commandant anglo-gascon |
Ses troupes menacèrent Lavaur au XIVe. |
Origine et histoire
La tour des Rondes, située à Lavaur dans le Tarn (Occitanie), est le seul vestige encore visible des fortifications médiévales de la ville. Construite avant le XIIe siècle sous forme de tour circulaire en brique, elle faisait partie des remparts protégeant la cité côté sud, près du ruisseau du Naridelle. Ce ravin naturel forçait les voyageurs entre Toulouse et Castres à traverser Lavaur, renforçant son rôle stratégique. La tour joua un rôle clé lors du siège de 1211 par Simon IV de Montfort pendant la Croisade des Albigeois, puis fut partiellement démantelée après le Traité de Paris (1229), avant d’être reconstruite pour se défendre des attaques anglo-gasconnes.
Endommagée au fil des siècles, la tour fut entièrement rénovée en 1627, adoptant des ouvertures pour mousqueterie et une structure proche de l’actuelle. Au XVIIe siècle, un projet de transformation en abattoir (tuadou) échoua faute de fonds ; elle servit alors d’écurie avant d’être acquise par la commune en 1826. Rebaptisée « Tour du bourreau » au XIXe siècle (en référence à la guillotine révolutionnaire conservée à Lavaur), elle devint une tuerie publique pour l’abattage des porcs jusqu’en 1871, puis abritera le poids public et une société philharmonique. Des restaurations eurent lieu en 1879 et entre 1986-1988.
Depuis 1992, la tour des Rondes accueille l’Office de tourisme de Lavaur et une salle d’expositions. Inscrite aux Monuments historiques en 1971, elle illustre l’évolution d’un ouvrage défensif médiéval en un lieu civil et culturel. Son architecture combine briques et moellons de calcaire, avec des bouches à feu encore visibles, et se termine par des génoises caractéristiques. La tour symbolise aussi les transformations urbaines de Lavaur, comme le comblement partiel des fossés au XVIIIe siècle pour tracer la route de Castres.
Les sources historiques soulignent son lien avec les conflits régionaux : la Croisade des Albigeois, les guerres de Religion, et les tensions avec les troupes anglo-gasconnes du Prince Noir. Son nom de « Tour du bourreau » au XIXe siècle reflète une mémoire locale marquée par la Révolution, bien que la guillotine n’y ait jamais été installée. Aujourd’hui, elle incarne à la fois le patrimoine militaire occitan et la réappropriation civile des vestiges médiévaux.