Origine et histoire de la Tour des Sorcières
La tour des Sorcières, aussi appelée Porte basse ou Niedertor, est une ancienne porte des remparts médiévaux de Sélestat, construite au XIIIe siècle. Son rez-de-chaussée en grès et son premier niveau en brique datent de cette période. Elle fut rehaussée ultérieurement, avec des murs extérieurs en brique et une façade intérieure en pan de bois, aujourd’hui remplacée par de la brique. Au XVIIe siècle, elle fut transformée en réserve et prison, et ses arches furent murées pour empêcher le passage.
Sélestat, élevée au rang de ville avant 1217, fut fortifiée sous Frédéric II vers 1230, avec une première enceinte englobant l’église paroissiale et le prieuré Sainte-Foy. Une seconde enceinte, achevée vers 1280, intégra les nouveaux couvents. La tour des Sorcières, initialement l’une des quatre portes de cette enceinte, fut renforcée entre 1397 et 1425 par un second mur. Après des sièges et des modifications successives (notamment par Vauban en 1678), la plupart des remparts furent démantelés au XIXe siècle, ne laissant subsister que quelques éléments, dont cette tour.
La tour est située au 1, place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, dans le Bas-Rhin. Elle fut classée monument historique par arrêté du 18 juin 1929 et appartient aujourd’hui à la commune. Son architecture mêle grès, brique et pans de bois, reflétant ses différentes phases de construction et d’usage, de porte fortifiée à prison, puis à réserve.
Selon les sources, la tour tire son nom populaire de son usage comme prison, où des accusées de sorcellerie auraient été détenues, bien que cette fonction ne soit pas explicitement documentée dans les textes disponibles. Les archives mentionnent cependant son rôle défensif puis carcéral, ainsi que son intégration dans un système de fortifications complexe, marqué par les conflits entre le Saint-Empire, la Suède, la France et l’Allemagne aux XVIIe et XIXe siècles.
Les modifications architecturales incluent le rehaussement de la tour, le murage des arches au XVIIe siècle, et des réparations après les sièges de 1814-1815. En 1870, face à l’avancée allemande, Sélestat capitula, et en 1874, le démantèlement des fortifications fut ordonné. La tour des Sorcières, épargnée, reste un témoignage des remparts successifs et des techniques de construction médiévales et modernes.