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Tour dite de La Tourasse à Aiguillon dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Fanum

Tour dite de La Tourasse à Aiguillon

    1 Avenue du Maréchal-Joffre
    47190 Aiguillon
Propriété de la commune
Tour dite de La Tourasse à Aiguillon
Tour dite de La Tourasse à Aiguillon
Tour dite de La Tourasse à Aiguillon
Crédit photo : Jacques MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
1800
1900
2000
Ier siècle (Haut-Empire romain)
Construction présumée
1840
Classement monument historique
1859
Première description détaillée
2001
Restauration du monument
2018
Fouilles archéologiques récentes
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tour, dite de Tourasse ou de Pirelongue : classement par liste de 1840

Personnages clés

Jean Florimond Boudon de Saint-Amans - Historien et archéologue Auteur de la première description en 1859.
Auguste - Empereur romain Règne marqué par les monnaies trouvées.
Constantin Ier - Empereur romain Période tardive des monnaies découvertes.

Origine et histoire

La Tourasse d'Aiguillon est un édifice gallo-romain imposant, érigé au Ier siècle sous le Haut-Empire romain. Ce monument cylindrique, aujourd’hui tronqué à 5 mètres de hauteur, était initialement bien plus haut. Construit en petit appareil de moellons calcaires, il se trouve à proximité d’une nécropole et au croisement de deux voies romaines majeures : celle reliant Aginnum (Agen) à Burdigala (Bordeaux), et une autre reliant Sos à Excisum. Son usage exact reste incertain : funéraire, militaire ou symbole de prestige ? Les fouilles du XIXe siècle ont révélé des monnaies datant d’Auguste à Constantin Ier, ainsi que des ossements et urnes funéraires.

Classée dès 1840 parmi les premiers monuments historiques français, la Tourasse a fait l’objet de restaurations en 2001, après avoir été libérée d’une construction moderne qui l’encombrait depuis plus d’un siècle et demi. Elle est désormais intégrée à un jardin public. Les dernières fouilles, menées en 2018, suggèrent un lien avec un complexe funéraire, bien que sa forme cylindrique, inhabituelle pour ce type de monument, continue de susciter des débats parmi les archéologues. Certains y voient une pile funéraire, d’autres un édifice lié à un habitat antique ou un poste de signalisation.

À l’époque romaine, Aiguillon était une agglomération secondaire de la civitas des Sotiates, s’étendant sur au moins cinq hectares au nord-est de la Tourasse. Le monument occupait une position stratégique, à la jonction de voies anciennes et près du confluent du Lot et de la Garonne. Son parement en moellons calcaires et son noyau en blocage de pierres liées au mortier témoignent d’une construction solide, bien que son couronnement d’origine reste inconnu. Les hypothèses sur sa fonction – borne milliaire, temple dédié à Mercure, tour de guet – reflètent la diversité des interprétations possibles, aucune n’étant définitivement validée.

La Tourasse est mentionnée pour la première fois en 1859 par Jean Florimond Boudon de Saint-Amans dans son Essai sur les antiquités du département de Lot-et-Garonne, après avoir été cartographiée sous le nom erroné de « la Lugosse » sur la carte de Cassini. Son classement précoce en 1840 souligne son importance patrimoniale, bien avant que les fouilles modernes ne révèlent son contexte archéologique plus large. Aujourd’hui, elle constitue un vestige rare de l’architecture gallo-romaine dans le Sud-Ouest, associé à un réseau viaire antique et à une nécropole dont l’étendue exacte reste à préciser.

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