Origine et histoire
La tour Giberti, également connue sous le nom de tour Chauvet, est un vestige médiéval situé à Pernes-les-Fontaines, dans le Vaucluse. Construite au XIIIe siècle, elle fut intégrée entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle à un hôtel particulier, réaménagé à partir d’un bâtiment plus ancien datant du XIIe siècle. Ce monument illustre ainsi une superposition d’époques, mêlant architecture médiévale et renaissante.
La tour doit son nom à deux de ses anciens occupants. Jean-Julien Giberti (1671-1754), médecin et premier historien local, y rédigea une monographie sur Pernes-les-Fontaines, toujours conservée à la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras. Plus tard, Pierre Chauvet, artiste peintre, et son épouse en furent les derniers propriétaires privés. Ces figures marquèrent l’histoire culturelle du lieu, associant la tour à la fois au patrimoine médical et artistique.
Acquise par la municipalité en 2015, la tour fit l’objet d’une restauration en 2019, année de son inscription aux Monuments Historiques. Depuis, elle abrite le CCAS et le club du 3e âge de la commune. Son architecture conserve des éléments médiévaux, comme une tour de 16,5 mètres aux étages distincts : un rez-de-chaussée aveugle à vocation défensive, un premier étage noble orné de motifs du XIIe siècle, et un second étage remanié au XVIIe siècle. L’escalier en pierre, rare pour l’époque en Comtat Venaissin, et les fenêtres à meneaux témoignent de son évolution.
La tour Giberti se distingue par sa maçonnerie mixte : pierre au rez-de-chaussée, plâtre aux étages supérieurs. Le premier étage, haut de 7,5 mètres, était dédié à l’apparat, avec un plafond voûté décoré de motifs végétaux. Ces détails architecturaux, combinés à son histoire mouvementée, en font un symbole du patrimoine pernois, à la croisée des époques médiévale, renaissante et moderne.